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La revedere România

Retour à Bucarest avec les Français rencontrés à Crişan. Maïté m’a invitée à passer avec eux ma dernière journée en Roumanie. Brève immersion dans le milieu expat’. J’ai passé une bonne partie de la nuit à chercher des oiseaux, jumelles au poing, me tournant en tous sens dans mon lit pour les observer. Le delta est encore dans ma tête.

Visite de la verrerie de Ploeşti, un peu au nord de Bucarest. Intéressant de voir les souffleurs de verre en action.

En fin d’après-midi, c’est avec bonheur que je retrouve Oana-Roua, mon hôte du mois d’avril. Nous bavardons autour d’un café ; le temps en sa compagnie passe trop vite. Elle s’apprête à se lancer pour un voyage de plusieurs mois à travers l’Asie, de Moscou au Vietnam. Dommage de ne pas avoir plus de temps à partager… une autre fois, peut-être !

Coup de speed dans l’aéroport, le bus tardait à arriver depuis le centre ville. Au moins, je n’aurai pas eu à attendre avant d’embarquer. Vol sans heurt, nous faisons route avec le soleil. Peu avant d’arriver à Paris, j’assiste à un coucher de soleil surréaliste au-dessus des nuages… Nous retrouvons le soleil quelques minutes plus tard sous la couche de nuages et descendons en même temps que lui pour un second coucher de soleil. Magie de l’instant.

Après une courte nuit parisienne chargée de l’excitation du retour, je m’installe dans le train et fait connaissance avec mon voisin, un prof de philo qui revient de deux ans d’enseignement au Niger. A la rentrée, il sera au Mozambique. Parlons d’horizons lointains et de cultures variées. Rarement le trajet a été aussi intéressant.

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Delta Dunarii

Le Delta du Danube : l’un de ces lieux mythiques dont le nom seul suffisait à me faire rêver. La dernière étape de mon voyage en Roumanie, celle qui m’a conduite à traverser le pays. Celle qui me fera encore rêver une fois que j’en serai repartie.

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Village dans le delta du Danube

J’embarque à bord du bateau qui relie Tulcea à Sulina, à l’extrémité du delta, sur les bords de la Mer Noire. Je n’irai pas jusque là, je m’arrêterai à Crişan, village au milieu du delta loti le long du bras central. Il ne pleut pas, mais la grisaille est toujours là et le vent souffle d’autant plus fort à mesure qu’on approche de l’embouchure. Je passe une bonne partie de la traversée sur le pont à observer les oiseaux. Aigrettes, mouettes, goélands, cormorans, guifettes, sternes, hirondelles, pélicans… Un régal. Le delta tient sa réputation de paradis pour l’ornithologie.

Après deux heures et demi de traversée nous arrivons à Crişan où je trouve sans difficulté la pension de Petre. J’y fais la connaissance de trois Français dont une expatriée qui vit à Bucarest et avec qui le courant passe assez vite malgré ce recul instinctif que je peux avoir vis-à-vis de mes compatriotes à l’étranger. Discussions de filles, ce n’est pas désagréable après deux mois entourée de gars. Cette nuit, c’est tempête sur le delta.

 

Le vent de la nuit a chassé le mauvais temps avant de se calmer ; le soleil est revenu : la météo est idéale pour cette journée sur les eaux du delta. Petre nous emmène dans un dédale de canaux, roselières, lacs, îlots, à la rencontre des oiseaux. Des 300 espèces recensées toutes saisons confondues, nous en observerons une bonne cinquantaine, et pas des moindres : rolliers, huppes faciées, pélicans blancs et frisés, guifettes, sternes et goélands, hirondelles, martins-pêcheurs, aigrettes, hérons, crabiers et bihoreaux, busards, même bondrée apivore et pygargue à queue blanche… Et puis des grenouilles et des libellules à n’en plus finir, et deux cistudes d’Europe. Le tout dans des paysages de toute beauté où nous ne croisons que quelques pêcheurs, hormis sur le bras central du Danube, plus « civilisé ». Petre est un excellent guide, il connaît le delta et ses oiseaux comme sa poche. Pique-nique sur un îlot… au coeur du Delta du Danube. Cette journée aura été ne des plus belles de ces deux mois passés en Roumanie. Mémorable.

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Crabiers chevelus

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Pélicans blancs

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Spatule blanche

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Ibis falcinelle

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Grande aigrette

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Pélicans blancs, Pélican frisé, Spatule blanche et Barges à queue rousse

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Echasse blanche

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Bihoreau gris

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Héron pourpré

DSCF0925---CopieApéro sur le ponton devant la pension, suivi d’un dîner au poisson. C’est la première fois que je découvre un peuple aussi tourné vers les ressources aquatiques, mais d’eau douce. Marins d’eau douce ! Petit tour dans le village dans les belles lumières du crépuscule. Les maisons alignées le long du bras central du Danube abritent chacune un petit jardin potager. Derrière, un autre chenal. Et des roseaux.

 

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Cette nuit là, j’ai rêvé d’oiseaux toute la nuit. Partout, ça volait, ça voletait, ça virevoltait.

Contact de Petre Vasiliu, mon guide dans le delta : www.ecoturismdelta.ro

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Route vers le Delta

Départ matinal de Braşov, Marius me dépose à la gare routière. Cinq heures de route jusqu’à Brăila. Comme d’habitude, je m’endors rapidement. J’ai tout juste le temps d’apercevoir de beaux paysages de montagne sous le soleil (bien évidemment, il est revenu !). Retour à la plaine. L’organisation de la gare routière de Brăila est pour le moins anarchique, les compagnies privées se sont installées ici et là autour de la gare ferroviaire. La véritable gare routière est un peu plus loin, mais n’est bien sûr pas indiquée. « Tu diras aux gens que la Roumanie n’est pas le tiers-monde », me disait Paul avant mon départ. A Arad, certes. Ici, sur certains aspects en tout cas, nous n’en sommes pas si loin. Un peu d’attente avant le second bus, puis encore deux heures et demi de route jusqu’à Tulcea. C’est que vouloir absolument me rendre dans le delta du Danube, en partant d’Arad, m’aura fait traverser toute la Roumanie d’ouest en est. Il y a des rêves qui valent le déplacement.

A Tulcea, sur la promenade qui longe le Danube, je retrouve du vent et des goélands. Il n’est pas iodé, mais un certain air du large souffle ici. Dans quelques jours, ce sera le « mien » que je retrouverai, à l’autre côté de l’Europe. Soirée sympa avec mes hôtes de Couchsurfing et leurs amis.

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Sighişoara

Me revoilà routarde solitaire. Arrivée à Sighişoara dans la lumière du petit matin après une nuit en pointillés. L’auberge est à 200 mètres de la gare. Je n’ai pas le temps d’y entrer que la gérante est déjà venue me chercher. Hostel ? Da. Communication dans un mélange d’anglais et d’allemand. La sieste réparatrice est plus longue que prévu. Balade dans la vieille ville, cité médiévale installée sur les hauteurs. Rues pavées aux maisons colorées. Coup de coeur. Forcément le tourisme s’y développe ; si nous étions en Europe de l’Ouest la ville serait probablement invivable. DSCF0614---CopieCoup de chaud. Entre la nuit en train, la chaleur et l’estomac vide, je ne suis pas bien vaillante. Je me pose à l’ombre un moment. Mésanges et sitelles dans les arbres : je n’ai pas perdu l’habitude prise au cours de ces deux derniers mois d’observer le moindre oiseau passant à proximité. Retour à l’auberge, discussion avec John, soldat américain. Bavard, le bonhomme. Repos sous la pergola. 20 heures, je suis à nouveau Piaţa Cetaţii. J’ai rendez-vous avec Adi, le couchsurfer qui m’aurait accueillie s’il avait répondu plus tôt. Chanceuse, je suis tombée le jour de l’ouverture du Festival du Film de Sighişoara. Projection en plein air. Sympa. Cette petite ville, en une journée j’en ai fait le tour mais je m’y sens bien.

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Derniers jours au parc naturel Lunca Mureşului

DSCF0586---CopieDernière sortie pour moi dans la forêt de Zădăreni. Nous y allons pour commencer à défricher autour du sentier et récupérer les caméras posées la semaine dernière. Les gars jouent de la machette pendant que je deviens « Google Map girl » avec le GPS pour les guider. Moments sympas avec eux. C’est agréable de voir ce sentier prendre forme peu à peu.

Sur les caméras, c’est le jackpot : sangliers, renards, daims, cerfs, et même blaireaux ! Jolie pêche.

La séance d’équitation de ce soir a été annulée. Dommage. Mais à l’heure de l’apéro, ce sont les chevaux qui viennent à moi. Ceux du village rom qui viennent paître à proximité du centre.

 

21 juin. Jour de l’été. Ici, cela fait longtemps qu’il est arrivé. Fin du séjour à Arad, aussi. Discussion intéressante avec Paul, le directeur : petit compte-rendu de mon séjour et principaux points que je verrais à améliorer.

Je retrouve Cris au pub pour un dernier verre, il se propose pour m’emmener à la gare demain soir. Ok. En sortant, je rencontre Anton et sa femme qui passent par là. Je n’avais pas eu le temps de passer leur dire au revoir, c’est chose faite. Je croise aussi Théo et Clément : décidément, Arad n’est vraiment pas si grand ! Gabi nous invite à boire un coup en ville, sa femme nous rejoint. Avec en cadeau deux litres de ţuica ! Suite et fin de soirée au bar avec les gars, ponctuée d’un retour en vélo de nuit dans la forêt où on ne voit pas grand chose. Grain de folie.

 

Dernier jour à Arad. Matinée cheval avec Clément et Théo, j’aurai finalement réussi à les y emmener. C’est Laura qui nous encadre, et elle a sorti pour nous les deux meilleurs chevaux de l’écurie. Energiques et réactifs, un régal.

Fin d’après-midi à l’exposition photo sur les oiseaux présentée au théâtre d’Arad. S’ensuit une dernière bière en terrasse avec Ovidiu, Gabi, Clément et Théo. Petit à petit, je dis au revoir. Soirée au parc, repas des fouines. 23 heures, Cris vient me chercher. Merci pour tout. Minuit vingt, le train démarre.

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Lunca Mureşului : semaine 5

DSCF0228--2-Gabi a pu rencontrer le dirigeant de l’école d’équitation de Zădăreni. Du coup, aujourd’hui c’est balade à cheval dans le parc ! Anton est francophone, il est le descendant d’une famille princière ukrainienne et vit principalement grâce à des logements en location à Arad. Cela lui permet d’élever des chevaux par passion, la petite école n’étant pas vraiment rentable car peu de gens ici ont à la fois la culture et les moyens de se payer des cours d’équitation. De Zădăreni, nous longeons la Mureş en y faisant une halte pour mettre les sabots dans l’eau et continuons jusqu’au monastère de Bodrog avant de revenir à travers champs. Belle balade sous un chaud soleil en compagnie d’un gaillard bien intéressant et de sa femme toute aussi joviale.

Nous sommes une fois de plus retournés dans la zone protégée de Zădăreni avec Ovidiu et nous y avons récupéré les appareils photos et caméras que nous avions posés devant les terriers la semaine passée. Surprise au visionnage : ce ne sont pas des blaireaux qui habitent là, mais une famille de renards ! Une biche est également passée par là.

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Il y a des orages quasiment tous les soirs depuis que la chaleur s’est installée. L’un d’eux a dessiné un superbe arc-en-ciel en forêt, juste sous les premières branches. Magie de l’instant.

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Chevaux-6859---CopieNous sommes aussi retournés monter au haras d’Arad avec Gabi. Toujours le même plaisir que de partager ma passion, qui plus est avec ce biologiste qui vient d’être piqué par le virus cheval.

Déjà le mois de juin. Une fois de plus, le temps passe trop vite. Dans une vingtaine de jours je referai mon sac pour visiter quelques bouts de Roumanie avant de rentrer. Une fois de plus, je suis partagée entre l’envie d’aller voir plus loin (et même, celle de passer l’été à Piriac) et l’attachement à cet endroit où je me sens bien et surtout à certaines personnes. Je retrouve ce paradoxe du voyageur qui m’anime depuis maintenant plusieurs années mais que je n’avais pas réellement éprouvé l’an dernier. Je m’aperçois que je hais toujours autant les départs.

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Bondy, le petit âne gris qui traverse l’Europe

Lever matinal. Me voilà partie rejoindre Marion, Française qui était en wwoofing dans les environs de Făgăraş, dans le centre du pays, depuis près d’un an et qui rentre à La Rochelle à pied, avec son âne et son chien.

Une heure de vélo vers Zădăreni, dans l’agréable lumière du petit matin. Je traverse la Mureş sur la passerelle en bois qui mène à l’Insula Mureş III, puis le hameau et je poursuis vers Zădăreni en contournant les champs. J’entre dans ce village dont j’avais aperçu le clocher dès lundi dernier depuis l’autre rive. Je longe le canal qui borde le village, la carte indique qu’il s’interrompt sur tout juste 200 mètres… Saleté de chien ! La plupart aboient férocement en restant à l’écart, mais celui-ci, je ne le sens pas. C’est un chien qui interrompt le sentier. Soit. Je contourne quelques terrains avant de le retrouver, et de déboucher… sur un gué, infranchissable avec le vélo et le sac sur le dos. Marion dans son message m’avait bien parlé d’un pont ! Je le trouve un peu plus loin et arrive enfin sur les bords de la Mureş où Marion avait dressé son campement pour la nuit.

DSCF0062bisJe fais connaissance avec mes équipiers du weekend : Marion, son chien Djinn et son âne Bondy. Nous levons le camp, l’âne prend la tête avec allant ce matin. Avec Marion, nous parlons de la Roumanie, de nos expériences de voyages en tous genres, de souvenirs équestres, de tout et de rien… Vraiment sympa. Pendant ce temps, un pas après l’autre, nous progressons vers l’Ouest. Sur terrain plat, cela se fait sans trop d’efforts. De temps à autre, Bondy bifurque et Marion lui court après pour le remettre sur le chemin. De quoi pimenter un peu le parcours ! Nous faisons halte pour le pique-nique à proximité du bac de Pecica. Nous repartons en suivant la digue qui délimite le parc et sur laquelle passe le E7, sentier de randonnée européen qui emmène jusqu’au Portugal. Enfin théoriquement, car les informations sur son parcours ne sont pas toujours faciles à obtenir. Nous passons par Bezdin où nous profitons du monastère pour reprendre de l’eau. Deux busards et une buse, observés aux mêmes endroits que jeudi. Nous dressons la tente sous les arbres peu avant la fin de la zone forestière. Feu de camp, mămăliga (la polenta roumaine) avec carottes et fromage : bon et roboratif, l’idéal du randonneur. Nuit sous la tente, Djinn couché sur nos pieds. Nous bavardons et rions jusqu’à tard. Sensation d’être en compagnie d’une bonne vieille copine.

DSCF0067bisFinalement, malgré mon peu d’équipement et les températures nocturnes (il y avait du givre dans les champs hier matin), je n’ai pas eu froid de la nuit. Petite pluie du matin. Elle se sera dissipée le temps qu’on lève le camp. Nous reprenons la route, suivant encore la digue vers l’ouest, Bondy toujours devant quoi que plus molisson ce matin. Il traînerait bien à brouter ici ou là. Nous pique-niquons sur le bord du chemin aux environs de Semlac. Une fois Bondy de nouveau chargé, il est temps pour moi de rentrer. J’ai une demi-journée pour effectuer à vélo en sens inverse le chemin que nous avons parcouru depuis hier. Bonne route Marion, peut-être se retrouvera-t-on en Hongrie la semaine prochaine… ou sur les chemins de France en septembre !

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Le monastère serbe de Bezdin

 

Retour sur la digue, à vitesse peu élevée à cause de l’herbe qui me ralentit. Il me faudra au total 4 heures pour rentrer. Autour, c’est la vaste plaine d’Europe centrale qui débute et dont Marion va traverser quelques kilomètres. Fenlac : je traverse le village et récupère la route. Marre de cette digue sur laquelle je n’avance pas. Je retrouve les chemins après Zădăreni pour traverser la rivière. J’arrive au Centre, Olliver m’invite à me joindre au barbecue qu’il prépare avec ses potes. Malgré la fatigue, ça ne se refuse pas !

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De Bucarest à Arad

Le train tant attendu entre enfin en gare. Je me joins à Micea, Sabi et Fabriz, trois jeunes de Bucarest qui se rendent à Deva pour un festival de musique techno. Je suis et mon intuition, et les conseils de mon interlocuteur du soir : éviter de voyager seul pour dissuader les éventuels pick-pockets. Voyage sans encombre, agrémenté d’une nuit de sommeil en discontinu comme il se doit, à bord d’un train du type de nos vieux trains Corail et qui mettra près de 11 heures à parcourir les quelques 600km jusqu’à Arad. Lever de soleil sur les Carpates méridionales, belles vallées verdoyantes dont les reliefs s’estompent à mesure que nous rejoignons la rivière Mureş. Les petits champs labourés à la charrue animale laissent place à de grandes étendues de colza en fleur.

Arad : je devrais passer les deux prochains mois juste à la sortie de la ville, dans le Parcul Natural Lunca Muresului (comprennez : parc naturel de la plaine inondable de la rivière Mureş).

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Bucureşti

Je quitte Oana-Roua sur le chemin de son travail, et je prends la direction de la Gara de Nord où je réussi, entre bribes de roumain et langage des signes improvisé, à réserver un billet pour Arad et à confier mon sac à la consigne. Je suis ainsi plus libre pour vadrouiller dans la ville.

Avenue rectiligne, immeubles de béton à l’architecture singulière et petits vieux sur les bancs. Je trouve un côté désuet dans le Bulevardul Unirii qui conduit au Palatul Parlementului (Palais du Parlement). Un peu comme si le temps s’était figé vingt ans plus tôt. Et à chaque coin de rue, des kiosques, marchants de fleurs.

Le Palatul Parlamentului ou le délire de Ceauşescu (qui pourtant n’en aura pas vu la fin du chantier). Il s’agirait en effet du deuxième plus grand bâtiment du monde après le Pentagone. Je n’en ai pas visité l’intérieur mais tout semble taillé dans la démesure : entre autres, des salles de 19 mètres de plafond et un tapis de 4 tonnes ! Il héberge aujourd’hui le Parlement roumain, le Sénat et la Cour constitutionnelle.

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Le Palais du Parlement ou la démesure

DSCF9915Je poursuis vers les quelques rues piétonnes du coeur historique, où je reste un moment. Coeur certes restreint en superficie, mais agréable et qui mériterait d’être étendu.

Je retrouve la même impression de désuetude au Parcul Cişmigiu où je passe la fin de l’après-midi. Allées bien rangées, bassin artificiel et les mêmes petits vieux sur les bancs dignes de clichés d’antan. Le tout à l’ombre (ou l’abri de la pluie) de grands frênes, chênes, marroniers en fleurs. Je me fais inviter à boire un thé à la buvette du parc par Marian, ingénieur hydroélectricien. Il ne parle pas un mot d’anglais, mais nous parvenons à échanger, entre ce que je devine de ce qu’il dit et les quelques mots appris dans l’avion.

Retour à la gare attendre le départ du train pour Arad. Envie de me poser et de me mettre au chaud, je n’ai plus l’habitude d’être sous les 20°C ! Encore un Roumain qui engage la conversation, et qui me prend pour une Espagnole. J’ai encore dû glisser un « un poco » ou un « como dice » ici ou là. Suite en anglais, c’est plus aisé pour une vraie conversation. La question des Roms semble au moins aussi problématique ici que chez nous. Mon nouvel interlocuteur blague « Sarkozy leur rend service, il leur fait économiser 300€ pour rentrer au pays ». Et l’évolution du pays depuis la chute du régime ? Avant, les gens étaient égaux. Aujourd’hui, il y a quelques riches qui achètent grandes maisons et grosses voitures, et les autres. Pour 70% de la population, la vie était plus facile avant. Maintenant c’est devenu difficile d’obtenir un prêt et d’être propriétaire de son logement. Mais avant c’était fermé. Aujourd’hui on peut voyager (mon interlocuteur est chauffeur routier).

C’est ainsi qu’après une journée en Roumanie je découvre un pays tiraillé entre des souvenirs contrastés du passé soviétique et un avenir tourné vers l’Europe occidentale, non moins partagé entre craintes et espoirs. C’est l’Europe, mais c’est aussi l’Est, et un peu le Sud.

Cette gare avec ses Minimarkets surchargés de sachets de chips et autres boîtes de cola me fait justement penser à un certain t  erminal… de Guayaquil.

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De Piriac à Bucarest

Météo estivale comme depuis le début de ce mois d’avril. A cela s’ajoute l’ambiance de vacances propre à Piriac et à la Presqu’île en plein été. Sur la route des marais aussi, c’est l’été.

Trajet de Nantes à Paris en covoiturage, avec des co-équipiers peu bavards mais sympas. La route file. Soirée parisienne avec Julie, que ne reverrai sans doute pas avant plusieurs mois. Fin de soirée dans le petit havre de paix de la rue Linée. Je passe la matinée du lendemain à Paris, principalement à éplucher le Routard Roumanie en long, en large et en travers. Je commence surtout à m’impatienter. Vite, que le véritable voyage commence !

 

L’avion décolle à l’heure. Mes voisins, comme peut-être bien le tiers des passagers, sont des athlètes de l’équipe roumaine de qwan ki do. Ils reviennent chargés de médailles des Championnats du Monde qui se tenaient à Rabat. Si tous les Roumains sont aussi sympathiques que ceux-là, le séjour s’annonce bien.

Je suis toujours fascinée par ces paysages aériens d’océans de coton. Mais cette fois, le survol des Alpes est particulièrement unique, avec ces sommets enneigés qui déchirent les nuages. Ou comment oublier un instant la météo estivale de ces derniers temps.

 

Arrivée à Bucarest. Je prends le bus jusqu’à la Piaţa Romană où je dois en changer pour me rendre jusqu’à Sebastian. L’occasion de baragouiner mes premiers mots de roumain, entrecoupés d’espagnol (c’est ce qui sort spontanément) pour combler les vides.

Première expérience de couchsurfing plus que concluante. Avec Oana-Roua, mon hôte, le courant passe et nous bavardons jusqu’à tard. Elle rêve de s’installer à Londres, n’imagine pas son avenir en Roumanie. Se désolle que les Roumains soient aussi peu tournés vers l’extérieur, vers l’étranger. Sans doute le résultat d’années passées avec les frontières fermées, à l’époque de Ceauşescu. Il faut du temps aux mentalités pour évoluer. J’apprends également que le salaire moyen en Roumanie est de l’ordre de 300€ et que le SMIC avoisine les 150€. De quoi faire relativiser sur l’Europe, continent riche…

Noapte bună

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