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Lunca Mureşului : semaine 5

DSCF0228--2-Gabi a pu rencontrer le dirigeant de l’école d’équitation de Zădăreni. Du coup, aujourd’hui c’est balade à cheval dans le parc ! Anton est francophone, il est le descendant d’une famille princière ukrainienne et vit principalement grâce à des logements en location à Arad. Cela lui permet d’élever des chevaux par passion, la petite école n’étant pas vraiment rentable car peu de gens ici ont à la fois la culture et les moyens de se payer des cours d’équitation. De Zădăreni, nous longeons la Mureş en y faisant une halte pour mettre les sabots dans l’eau et continuons jusqu’au monastère de Bodrog avant de revenir à travers champs. Belle balade sous un chaud soleil en compagnie d’un gaillard bien intéressant et de sa femme toute aussi joviale.

Nous sommes une fois de plus retournés dans la zone protégée de Zădăreni avec Ovidiu et nous y avons récupéré les appareils photos et caméras que nous avions posés devant les terriers la semaine passée. Surprise au visionnage : ce ne sont pas des blaireaux qui habitent là, mais une famille de renards ! Une biche est également passée par là.

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Il y a des orages quasiment tous les soirs depuis que la chaleur s’est installée. L’un d’eux a dessiné un superbe arc-en-ciel en forêt, juste sous les premières branches. Magie de l’instant.

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Chevaux-6859---CopieNous sommes aussi retournés monter au haras d’Arad avec Gabi. Toujours le même plaisir que de partager ma passion, qui plus est avec ce biologiste qui vient d’être piqué par le virus cheval.

Déjà le mois de juin. Une fois de plus, le temps passe trop vite. Dans une vingtaine de jours je referai mon sac pour visiter quelques bouts de Roumanie avant de rentrer. Une fois de plus, je suis partagée entre l’envie d’aller voir plus loin (et même, celle de passer l’été à Piriac) et l’attachement à cet endroit où je me sens bien et surtout à certaines personnes. Je retrouve ce paradoxe du voyageur qui m’anime depuis maintenant plusieurs années mais que je n’avais pas réellement éprouvé l’an dernier. Je m’aperçois que je hais toujours autant les départs.

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Lunca Mureşului : semaine 4

DSCF0198--2-Inspiration du weekend : et si le parc pouvait proposer des promenades à cheval ? J’y ai pensé en montant au haras. Seulement le haras est à une petite dizaine de kilomètres du parc, et surtout les chevaux sont loin d’être adaptés pour ce genre d’activité. Je me souviens être passée devant une petite école d’équitation à Zădăreni, sur l’autre rive… J’y retourne donc aujourd’hui en espérant que quelqu’un puisse répondre à mes questions. Une petite heure de vélo aller-retour sous ce chaud soleil devenu estival. Personne… Je retenterai plus tard.

Le soir même, Gabi se rend à Zădăreni et propose de m’accompagner à l’écurie. Pas plus mal d’avoir un interprète ! Seul un employé est présent ; il nous donne le numéro de téléphone des dirigeants. Affaire à suivre…

Aurais-je fait l’erreur de glisser à Gabi que la ţuica que j’ai testée jusqu’à présent est moins forte que le sodabi béninois ? Toujours est-il que je n’ai plus le choix : goûter les trois qu’il a en réserve ! Avec modération certes, mais juste assez pour me réveiller en sursaut à 4 heures du matin en me demandant où je suis… Tout va bien.

 

Retour dans la zone protégée de Zădăreni avec Ovidiu. Cette fois nous parvenons à déterminer le tracé complet du nouveau sentier d’interprétation, Je ne verrai plus jamais un sentier de la même façon maintenant que je commence à avoir un aperçu du travail nécessaire à leur création !

Nous posons au passage deux appareils photos et une caméra devant les terriers découverts la semaine passée, en espérant récupérer quelques images intéressantes…

DSCF0206--2-De Şeitin à Nădlac, je devrais en avoir pour trois bonnes heures de marche sur la digue qui délimite la bordure nord du parc, à répertorier les espèces d’oiseaux observés en chemin. Je me demande si Gabi a déjà suivi ce parcours… parce que ce n’est pas trois mais cinq heures dont j’aurai eu besoin pour couvrir la distance ! Marcher au soleil en ligne quasi droite et sans repères particuliers… les joies de la plaine ! Etrange sensation de marcher sans avancer, dans un décor qui évolue au ralenti. Tout ça pour peu d’oiseaux d’intérêt, hormi un martin-pêcheur, un faucon kobez et quatre pies grièches rose. Qu’importe ! Peu avant Nădlac, une voiture me double et me propose de me déposer en ville. C’est gentil, mais je préfère marcher. Un peu plus loin, je pourrais rejoindre rapidement la nationale depuis laquelle je pourrai rentrer. Mais non, je continue encore un peu, même si les oiseaux ne sont pas de la partie. Jusqu’au bosquet, jusqu’au virage, je repousse le point d’où je vais arrêter. Qu’est-ce qui me pousse à marcher ainsi ? Une énergie qui me soufflerait de continuer encore et encore… Un pas après l’autre. Toujours plus loin. Pensées pour Marion rendue quelque part en Hongrie.

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Je finis par quitter la digue et rejoindre la route pour rentrer en stop. Challenge : quitter Nădlac avant 18 heures, il est 17h50. Une voiture de flics s’arrête à ma hauteur. De unde vine ? De Şeitin, pe jos. Merg la Arad (D’où  tu viens ? De Şeitin, à  pied, je vais à Arad). Regard interloqué. Papiers ? Ah, frantuzuaica ! Ils me reposent la même question en anglais, ma réponse reste la même. J’arrive de Şeitin à pied et je rentre à Arad en stop. Cela est si étrange ? En discutant plus tard avec un ami, je m’apercevrai qu’il y a en fait une bonne vingtaine de kilomètres entre Şeitin et Nădlac… Je tends le pouce, une voiture ne tarde pas à s’arrêter. 17h58, Nădlac est derrière moi. Challenge tenu ! Mon chauffeur connait même un peu de français, son fils habite à Paris. Il propose de me déposer où je souhaite. Je ne sais pas pour quelle raison, sur un coup de tête je lui demande de me laisser en centre ville… ou comment ajouter plus d’une heure et demie de marche supplémentaires.

 

Animaux--2--5175Les deux fouines vont bien, elles ont été installées dans une grande cage dans le garage et commencent à manger de la viande. La question de leur remise en liberté risque d’être problématique, il n’est pas impossible qu’elles se soient trop habituées à l’homme…

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Lunca Mureşului : semaine 3

DSCF0102bisC’est parti pour une nouvelle aventure animalière : deux fouines orphelines nous ont été amenées au Centre. Elles doivent avoir environ 1 mois, pas plus. Biberon toutes les 4 heures, y compris la nuit pour les premiers temps. Comme je suis la seule à habiter sur place, c’est moi qui m’en charge. Avec plaisir, cela me rappelle mes nombreuses histoires de chats. Je craignais qu’elles ne soient effrayées par les humains, mais elles doivent être encore trop petites pour ça car elles se font vite à leur nouvel environnement. Peut-être trop, cela risque de devenir compliqué pour les relacher dans la nature quand elles en auront l’âge, ce qui serait tout de même la meilleure option.

DSCF0108bisJournée sur le terrain dans la zone protégée de Zădăreni, pour déterminer le tracê et l’implantation des panneaux du nouveau sentier d’interprétation. Facile à dire ! Et même pas si compliqué au début… Mais quand il s’agit de revenir de la berge en faisant une boucle, sans croiser le tracé aller et le tout bien sûr dans une belle forêt (garnie d’orties), les choses se corsent ! Il nous faudra revenir un autre jour pour terminer. Une piste bien nette, probablement de chat sauvage. Un peu plus loin, des terriers que nous suposons être ceux de de blaireaux d’Europe. DSCF0141bisRetour en vélo agrémenté d’une belle glissade dans la boue. L’avantage, c’est qu’elle amortit la chute !

DSCF0110bis Chevaux-6898bisLa super nouvelle de la semaine, c’est que je peux monter à cheval gratuitement et à volonté : je ne vais pas m’en priver ! Enfin ce sera pour les journées sans sortie sur le terrain, parce qu’une grosse heure de vélo aller-retour plus le temps en selle après avoir crapahuté en forêt ou descendu la rivière en canoe… Il s’agit en fait du haras national d’Arad. L’emplacement, ancienne piste d’aviation de l’armée (ici les haras dépendent de l’armée) au milieu d’une zone commerciale, et surtout l’état des bâtiments pourraient laisser présager le pire, mais heureusement les chevaux sont en excellente condition. On me confie Mendoza, étalon lipizzan respectueux et froid (presque trop par rapport aux petits chevaux énergiques auxquels je suis plus habituée). Cheval presque uniquement attelé, pour tracter droit, qui ne connait visiblement pas l’incurvation… Au moins il n’est pas difficile de trouver une piste de travail, mais en un mois je ne m’attends pas à des miracles. J’ai pu partager avec bonheur ma passion avec Gabi et sa fille, et avec Cristian.

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Lunca Mureşului : semaine 2

Semaine plus posée que la précédente car avec plus de journées au bureau.

En début de semaine, des étudiants de six pays européens viennent travailler au parc sur un projet de développement durable. Ça m’aurait plu ! Je peux enfin aider Ovidiu avec ses questionnaires sur la fréquentation du parc, pour une fois que les interlocuteurs ne sont pas Roumains. J’échange notamment avec un étudiant Luxembourgeois qui préfère le français à l’anglais. Après bien quinze minutes de conversation, un de ses copains s’étonne à mon égard : « Mais comment ça se fait que tu parles français ? »…

Nouvelle invitiation à un barbecue. Un tous les deux jours, je veux bien continuer à ce rythme ! Cette fois c’est à l’occasion de l’anniversaire de la fille du directeur.

 

Mercredi, 5h30, debout. Ce qu’on ne ferait pas pour quelques petites bêtes ! En l’occurence, il s’agit des castors qui ont été réintroduits dans la région en 2002. Depuis, la population augmente régulièrement, y compris en plein coeur d’Arad. Avec Gabi, nous partons à leur recherche, en canoe sur la Mureş. Le courant passe vraiment bien avec lui. Nous alternons discussions agréables et moments de calme à l’écoute de la nature. Guêpiers, martin-pêcheurs, hirondelles, faucons, petits gravelots, aigrettes et hérons sont de sortie.

Je retrouve le plaisir de pagayer, dont je n’ai pas perdu les réflexes. La Mureş est large, plate, mais avec un débit important. Régulièrement nous nous rapprochons de la berge où nous observons plusieurs terriers et autres traces du passage des castors. Le soleil commence à chauffer pour de bon, rien à voir avec les 7 degrés du matin. Ces variations extrêmes de température, tout comme la météo maussade à mon arrivée, sont inhabituelles ici à cette saison. Après avoir traversé la ville, nous passons le chantier de l’autoroute censée relier la Mer Noire au reste de l’Europe. Gabi plaisante (jaune) : « peut-être que dans 50 ans ils auront terminé »… Des cables en travers nous obligent à débarquer pour les contourner. Nous enfonçons dans la vase. Miam !

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Aigrette garzette

Nous entrons dans le territoire du parc. Filets de pêche des braconniers un peu partout. Difficile de les prendre sur le fait étant donnée la superficie du parc et le peu de moyens à disposition. Un nid habité ! Un castor ! Il se prend dans un filet posé juste à coté. Il aura sans doute eu la peur de sa vie, mais surtout de la chance qu’on soit présents à ce moment là. Séance sauvetage de castor et séquence émotions. Que j’aime les biologistes quand ils se retrouvent enfin face à l’animal qu’ils cherchent ! Entre excitation, frénésie… et la frustration de ne pas le voir plus près, plus longtemps. Le temps d’une photo. En cet instant Gabi me fait penser à Christian, l’ornithologue avec qui nous travaillions en Croatie.

 

Nouvelle discussion avec Tom. Les discussions avec lui sont bénéfiques car il voit comme moi les petites choses qui mériteraient d’être ajustées. Concernant la signalisation des chemins de rando, par exemple. C’est en effet si clair lorsqu’on a une carte, qu’on entre dans le parc à Arad… et qui plus est quand on connait ! Mais le parc est grand, et quand on y entre à un autre endroit, les informations se font plus discrètes. Nous l’avons constaté avec Marion, les chemins sont très bien balisés, mais sans légende comment connaître la signification de ces balises ? Principal obstacle : le budget, cette fois encore.

Je me sens bien, chez ces Roumains accueillants et curieux. Dimanche encore, un type est sorti de son jardin et est venu jusqu’à moi sur le chemin pour me saluer et me proposer un peu d’eau en me voyant passer à vélo.

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Bondy, le petit âne gris qui traverse l’Europe

Lever matinal. Me voilà partie rejoindre Marion, Française qui était en wwoofing dans les environs de Făgăraş, dans le centre du pays, depuis près d’un an et qui rentre à La Rochelle à pied, avec son âne et son chien.

Une heure de vélo vers Zădăreni, dans l’agréable lumière du petit matin. Je traverse la Mureş sur la passerelle en bois qui mène à l’Insula Mureş III, puis le hameau et je poursuis vers Zădăreni en contournant les champs. J’entre dans ce village dont j’avais aperçu le clocher dès lundi dernier depuis l’autre rive. Je longe le canal qui borde le village, la carte indique qu’il s’interrompt sur tout juste 200 mètres… Saleté de chien ! La plupart aboient férocement en restant à l’écart, mais celui-ci, je ne le sens pas. C’est un chien qui interrompt le sentier. Soit. Je contourne quelques terrains avant de le retrouver, et de déboucher… sur un gué, infranchissable avec le vélo et le sac sur le dos. Marion dans son message m’avait bien parlé d’un pont ! Je le trouve un peu plus loin et arrive enfin sur les bords de la Mureş où Marion avait dressé son campement pour la nuit.

DSCF0062bisJe fais connaissance avec mes équipiers du weekend : Marion, son chien Djinn et son âne Bondy. Nous levons le camp, l’âne prend la tête avec allant ce matin. Avec Marion, nous parlons de la Roumanie, de nos expériences de voyages en tous genres, de souvenirs équestres, de tout et de rien… Vraiment sympa. Pendant ce temps, un pas après l’autre, nous progressons vers l’Ouest. Sur terrain plat, cela se fait sans trop d’efforts. De temps à autre, Bondy bifurque et Marion lui court après pour le remettre sur le chemin. De quoi pimenter un peu le parcours ! Nous faisons halte pour le pique-nique à proximité du bac de Pecica. Nous repartons en suivant la digue qui délimite le parc et sur laquelle passe le E7, sentier de randonnée européen qui emmène jusqu’au Portugal. Enfin théoriquement, car les informations sur son parcours ne sont pas toujours faciles à obtenir. Nous passons par Bezdin où nous profitons du monastère pour reprendre de l’eau. Deux busards et une buse, observés aux mêmes endroits que jeudi. Nous dressons la tente sous les arbres peu avant la fin de la zone forestière. Feu de camp, mămăliga (la polenta roumaine) avec carottes et fromage : bon et roboratif, l’idéal du randonneur. Nuit sous la tente, Djinn couché sur nos pieds. Nous bavardons et rions jusqu’à tard. Sensation d’être en compagnie d’une bonne vieille copine.

DSCF0067bisFinalement, malgré mon peu d’équipement et les températures nocturnes (il y avait du givre dans les champs hier matin), je n’ai pas eu froid de la nuit. Petite pluie du matin. Elle se sera dissipée le temps qu’on lève le camp. Nous reprenons la route, suivant encore la digue vers l’ouest, Bondy toujours devant quoi que plus molisson ce matin. Il traînerait bien à brouter ici ou là. Nous pique-niquons sur le bord du chemin aux environs de Semlac. Une fois Bondy de nouveau chargé, il est temps pour moi de rentrer. J’ai une demi-journée pour effectuer à vélo en sens inverse le chemin que nous avons parcouru depuis hier. Bonne route Marion, peut-être se retrouvera-t-on en Hongrie la semaine prochaine… ou sur les chemins de France en septembre !

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Le monastère serbe de Bezdin

 

Retour sur la digue, à vitesse peu élevée à cause de l’herbe qui me ralentit. Il me faudra au total 4 heures pour rentrer. Autour, c’est la vaste plaine d’Europe centrale qui débute et dont Marion va traverser quelques kilomètres. Fenlac : je traverse le village et récupère la route. Marre de cette digue sur laquelle je n’avance pas. Je retrouve les chemins après Zădăreni pour traverser la rivière. J’arrive au Centre, Olliver m’invite à me joindre au barbecue qu’il prépare avec ses potes. Malgré la fatigue, ça ne se refuse pas !

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Lunca Mureşului : semaine 1

Lundi

Virée en vélo dans la forêt vers la zone de protection intégrale de Zădăreni, emplacement du futur circuit d’interprétation. Le chemin est bien boueux après la pluie d’hier, je m’amuse comme une gamine. Paisible forêt. Plus j’y passe du temps et plus j’apprécie cet endroit. C’est une bonne chose, car les premières impressions n’étaient pas des plus positives. Les arbres bruissent d’oiseaux qui semblent ne jamais se taire. Que j’aimerais les reconnaître à l’oreille ! Un martin-pêcheur passe au raz de l’eau.

Retour au centre, il est 18 heures. Plus personne. Enfermée dehors ! C’est malin, et le premier jour évidemment… Je fais le tour des portes du bâtiment. J’ai heureusement le numéro d’Ovidiu sur un bout de papier au fond d’une poche, puisque pour couronner le tout je n’ai pas mon téléphone avec moi. J’en empreinte un à un promeneur (ou comment se faire connaître du quartier en un rien de temps). Appeler Ovidiu, parti pour la semaine, qui appelle Gabi qui revient m’ouvrir. J’ai l’air fine ! Je me confonds en excuses, il me répond le plus simplement du monde « tu peux m’appeler n’importe quand et pour n’importe quoi ». Et de me demander évidemment quels oiseaux j’ai pu observer sur ma route.

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La rivière Mureş et le clocher de Zădăreni

 

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Cigogne blanche

Mardi

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Hameau de l’Insula Mureş III. Ici, on ne s’embête pas avec les noms de rue. Ou au contraire, peut-être est-ce la même histoire qu’à Pecica, petite ville voisine où Roumains et Hongrois, ne parvenant pas à se mettre d’accord, ont fini par numéroter les rues.

En route pour l’observation des pygargues. Traversée du pont en bois qui mène à l’Insula Mureş III. Quelques habitants de ce hameau vivent ici à l’année. Cigogne dans un champ à la sortie du village. Après une petite heure de vélo entre les champs, j’arrive à mon point d’observation. Pas de pygargue ce matin, mais une buse que je soupçonne de nicher dans un grand frêne sur la rive d’en face. Et hérons, aigrettes et hirondelles de rivage.

 

Mercredi

Prospection de nids d’hirondelles de rivage depuis la rive nord, en face de mon poste d’observation de la veille. A travers la forêt, le vélo ne m’est pas d’une grande utilité, le sentier n’a pas été entretenu depuis un bon moment. Je profite donc de mon passage pour le débroussailler. Après quelques péripéties dans les broussailles (le sentier s’arrête net à la sortie de la forêt) j’arrive enfin sur la berge.

Retour au Centre, tout le monde est parti. Mais cette fois, j’ai la clé !

 

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Monastère serbe de Bezdin

Jeudi

Journée complète sur le terrain. Quelques observations intéressantes (busard des roseaux, vanneaux huppés, cigognes, hérons, buses…), mais surtout l’occasion de faire connaissance avec les collègues et de visiter le parc jusqu’à son extrémité ouest. Et pour en ajouter à cette belle journée, le soleil est revenu. Traversée de la Mureş avec le bac de Pecica et route jusqu’à Cenad. Paul, le directeur du parc, est monté sur le toit d’un bâtiment et me nargue pour le panorama dont il profite… jusqu’au moment de redescendre : coincé ! Il faut approcher le pick-up pour lui faire marche-pied. Il prend les choses avec sérénité et amusement. Nous, on s’amuse tout autant ! Did you enjoy my little adventure ? 

En repartant, nous suivons un type rencontré à bord du bac d’Igriş : il a fait creuser un bassin de pêche sportive dans le parc, avec l’autorisation de la direction de l’eau d’Arad… mais sans avoir jamais demandé la permission au parc. Romanian style… Le contexte expliqué par Gabi, le biologiste de l’équipe, m’aide à saisir l’essentiel de la discussion suivante, bien qu’en roumain. Ce gaillard nous invite à boire une bière chez lui, Paul insiste pour lui signaler qu’ils règleront le problème… en restant professionnels.DSCF0016bis

Passage à Pecica. Une légende dit que qui boiera l’eau de la fontaine ne quittera plus jamais Pecica…

Il y a vraiment de beaux endroits dans ce parc, bords de rivière, champs d’iris sauvages, roselières, monastère serbe au milieu de nulle part… une multitude de trésors.

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Roms à Pecica

 

Vendredi

Discussion avec Tom, volontaire américain de Peace Corps. Il me parle de ses projets (architecture), me montre ses plans, et la mini-Mureş en 3D commencée dans la cour. Joli projet, en suspends pour manque de fonds. Il n’y a pas qu’en Afrique…

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Coronelle lisse qui lézarde au soleil (pas peur Maman, c’est une couleuvre !)

Visite du sentier d’interprétation… dont il ne reste que deux panneaux intacts sur dix, les autres ayant été vandalisés.

Sur le trajet à travers la forêt vers Arad, un petit vieux sur le bord de la piste entame la conversation. Je lui baragouine mes trois mots de roumain, il saisit que je ne parle pas la langue. Raison de plus pour continuer la conversation ! Je devine qu’il a passé du temps en Pologne, et que c’est à force d’entendre qu’il a fini par comprendre le polonais. Du coup il me parle, il me parle… pour que je m’habitue et que je finisse par comprendre le roumain. Quelle attention !

 

 

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De Bucarest à Arad

Le train tant attendu entre enfin en gare. Je me joins à Micea, Sabi et Fabriz, trois jeunes de Bucarest qui se rendent à Deva pour un festival de musique techno. Je suis et mon intuition, et les conseils de mon interlocuteur du soir : éviter de voyager seul pour dissuader les éventuels pick-pockets. Voyage sans encombre, agrémenté d’une nuit de sommeil en discontinu comme il se doit, à bord d’un train du type de nos vieux trains Corail et qui mettra près de 11 heures à parcourir les quelques 600km jusqu’à Arad. Lever de soleil sur les Carpates méridionales, belles vallées verdoyantes dont les reliefs s’estompent à mesure que nous rejoignons la rivière Mureş. Les petits champs labourés à la charrue animale laissent place à de grandes étendues de colza en fleur.

Arad : je devrais passer les deux prochains mois juste à la sortie de la ville, dans le Parcul Natural Lunca Muresului (comprennez : parc naturel de la plaine inondable de la rivière Mureş).

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Installation au parc naturel Lunca Mureşului

Ovidiu, chargé de la coordination des volontaires au parc, vient me chercher à la gare. S’en suit un petit déjeuner tardif avant de rejoindre le parc à pied. Je fais connaissance avec l’équipe, notamment Paul le directeur, Gabi le biologiste et Dani l’informaticien qui m’installe internet sur un vieux PC prêté par Ovidiu. Bon contact avec tous. Je prends mes quartiers dans une chambre du centre, à la fois au milieu de la forêt et à seulement quelques kilomètres de la ville d’Arad.

Je suis surprise que tous aient appris le français à l’école. Dani m’explique que les deux seules langues étrangères autorisées (et obligatoires) sous Ceauşescu étaient le français et le russe. L’apprentissage de l’anglais est donc récent (ce qui ne les empêche pas de le parler plus que correctement !). Du français, les Roumains ont notamment gardé l’habitude d’employer « merci » dans le langage familier, au lieu du « mulţumesc » traditionnel.

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Premier tour sur le terrain vers Nădlac, à deux pas de la frontière hongroise. Ovidiu doit estimer le préjudice causé au parc par quelqu’un qui a coupé plusieurs arbres importants pour dégager un peu d’espace autour de sa cabane… L’objectif est de permettre aux policiers d’établir une amende. Ou comment passer quelques heures en compagnie de la police locale. Cela arrive souvent ? Non, c’est la quatrième fois en six mois. C’est vrai, « souvent », c’est relatif.

La forêt et la rivière sont belles, les environs en revanche me charment un peu moins. Grande plaine agricole qui me rappelle la Beauce, en plus arboré et moins mécanisé quand même. Qu’à cela ne tienne, je sauterai dans un train ou un bus en direction des Carpates lorsque je serai en manque de relief.

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Bucureşti

Je quitte Oana-Roua sur le chemin de son travail, et je prends la direction de la Gara de Nord où je réussi, entre bribes de roumain et langage des signes improvisé, à réserver un billet pour Arad et à confier mon sac à la consigne. Je suis ainsi plus libre pour vadrouiller dans la ville.

Avenue rectiligne, immeubles de béton à l’architecture singulière et petits vieux sur les bancs. Je trouve un côté désuet dans le Bulevardul Unirii qui conduit au Palatul Parlementului (Palais du Parlement). Un peu comme si le temps s’était figé vingt ans plus tôt. Et à chaque coin de rue, des kiosques, marchants de fleurs.

Le Palatul Parlamentului ou le délire de Ceauşescu (qui pourtant n’en aura pas vu la fin du chantier). Il s’agirait en effet du deuxième plus grand bâtiment du monde après le Pentagone. Je n’en ai pas visité l’intérieur mais tout semble taillé dans la démesure : entre autres, des salles de 19 mètres de plafond et un tapis de 4 tonnes ! Il héberge aujourd’hui le Parlement roumain, le Sénat et la Cour constitutionnelle.

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Le Palais du Parlement ou la démesure

DSCF9915Je poursuis vers les quelques rues piétonnes du coeur historique, où je reste un moment. Coeur certes restreint en superficie, mais agréable et qui mériterait d’être étendu.

Je retrouve la même impression de désuetude au Parcul Cişmigiu où je passe la fin de l’après-midi. Allées bien rangées, bassin artificiel et les mêmes petits vieux sur les bancs dignes de clichés d’antan. Le tout à l’ombre (ou l’abri de la pluie) de grands frênes, chênes, marroniers en fleurs. Je me fais inviter à boire un thé à la buvette du parc par Marian, ingénieur hydroélectricien. Il ne parle pas un mot d’anglais, mais nous parvenons à échanger, entre ce que je devine de ce qu’il dit et les quelques mots appris dans l’avion.

Retour à la gare attendre le départ du train pour Arad. Envie de me poser et de me mettre au chaud, je n’ai plus l’habitude d’être sous les 20°C ! Encore un Roumain qui engage la conversation, et qui me prend pour une Espagnole. J’ai encore dû glisser un « un poco » ou un « como dice » ici ou là. Suite en anglais, c’est plus aisé pour une vraie conversation. La question des Roms semble au moins aussi problématique ici que chez nous. Mon nouvel interlocuteur blague « Sarkozy leur rend service, il leur fait économiser 300€ pour rentrer au pays ». Et l’évolution du pays depuis la chute du régime ? Avant, les gens étaient égaux. Aujourd’hui, il y a quelques riches qui achètent grandes maisons et grosses voitures, et les autres. Pour 70% de la population, la vie était plus facile avant. Maintenant c’est devenu difficile d’obtenir un prêt et d’être propriétaire de son logement. Mais avant c’était fermé. Aujourd’hui on peut voyager (mon interlocuteur est chauffeur routier).

C’est ainsi qu’après une journée en Roumanie je découvre un pays tiraillé entre des souvenirs contrastés du passé soviétique et un avenir tourné vers l’Europe occidentale, non moins partagé entre craintes et espoirs. C’est l’Europe, mais c’est aussi l’Est, et un peu le Sud.

Cette gare avec ses Minimarkets surchargés de sachets de chips et autres boîtes de cola me fait justement penser à un certain t  erminal… de Guayaquil.

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De Piriac à Bucarest

Météo estivale comme depuis le début de ce mois d’avril. A cela s’ajoute l’ambiance de vacances propre à Piriac et à la Presqu’île en plein été. Sur la route des marais aussi, c’est l’été.

Trajet de Nantes à Paris en covoiturage, avec des co-équipiers peu bavards mais sympas. La route file. Soirée parisienne avec Julie, que ne reverrai sans doute pas avant plusieurs mois. Fin de soirée dans le petit havre de paix de la rue Linée. Je passe la matinée du lendemain à Paris, principalement à éplucher le Routard Roumanie en long, en large et en travers. Je commence surtout à m’impatienter. Vite, que le véritable voyage commence !

 

L’avion décolle à l’heure. Mes voisins, comme peut-être bien le tiers des passagers, sont des athlètes de l’équipe roumaine de qwan ki do. Ils reviennent chargés de médailles des Championnats du Monde qui se tenaient à Rabat. Si tous les Roumains sont aussi sympathiques que ceux-là, le séjour s’annonce bien.

Je suis toujours fascinée par ces paysages aériens d’océans de coton. Mais cette fois, le survol des Alpes est particulièrement unique, avec ces sommets enneigés qui déchirent les nuages. Ou comment oublier un instant la météo estivale de ces derniers temps.

 

Arrivée à Bucarest. Je prends le bus jusqu’à la Piaţa Romană où je dois en changer pour me rendre jusqu’à Sebastian. L’occasion de baragouiner mes premiers mots de roumain, entrecoupés d’espagnol (c’est ce qui sort spontanément) pour combler les vides.

Première expérience de couchsurfing plus que concluante. Avec Oana-Roua, mon hôte, le courant passe et nous bavardons jusqu’à tard. Elle rêve de s’installer à Londres, n’imagine pas son avenir en Roumanie. Se désolle que les Roumains soient aussi peu tournés vers l’extérieur, vers l’étranger. Sans doute le résultat d’années passées avec les frontières fermées, à l’époque de Ceauşescu. Il faut du temps aux mentalités pour évoluer. J’apprends également que le salaire moyen en Roumanie est de l’ordre de 300€ et que le SMIC avoisine les 150€. De quoi faire relativiser sur l’Europe, continent riche…

Noapte bună

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