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Derniers jours au parc naturel Lunca Mureşului

DSCF0586---CopieDernière sortie pour moi dans la forêt de Zădăreni. Nous y allons pour commencer à défricher autour du sentier et récupérer les caméras posées la semaine dernière. Les gars jouent de la machette pendant que je deviens « Google Map girl » avec le GPS pour les guider. Moments sympas avec eux. C’est agréable de voir ce sentier prendre forme peu à peu.

Sur les caméras, c’est le jackpot : sangliers, renards, daims, cerfs, et même blaireaux ! Jolie pêche.

La séance d’équitation de ce soir a été annulée. Dommage. Mais à l’heure de l’apéro, ce sont les chevaux qui viennent à moi. Ceux du village rom qui viennent paître à proximité du centre.

 

21 juin. Jour de l’été. Ici, cela fait longtemps qu’il est arrivé. Fin du séjour à Arad, aussi. Discussion intéressante avec Paul, le directeur : petit compte-rendu de mon séjour et principaux points que je verrais à améliorer.

Je retrouve Cris au pub pour un dernier verre, il se propose pour m’emmener à la gare demain soir. Ok. En sortant, je rencontre Anton et sa femme qui passent par là. Je n’avais pas eu le temps de passer leur dire au revoir, c’est chose faite. Je croise aussi Théo et Clément : décidément, Arad n’est vraiment pas si grand ! Gabi nous invite à boire un coup en ville, sa femme nous rejoint. Avec en cadeau deux litres de ţuica ! Suite et fin de soirée au bar avec les gars, ponctuée d’un retour en vélo de nuit dans la forêt où on ne voit pas grand chose. Grain de folie.

 

Dernier jour à Arad. Matinée cheval avec Clément et Théo, j’aurai finalement réussi à les y emmener. C’est Laura qui nous encadre, et elle a sorti pour nous les deux meilleurs chevaux de l’écurie. Energiques et réactifs, un régal.

Fin d’après-midi à l’exposition photo sur les oiseaux présentée au théâtre d’Arad. S’ensuit une dernière bière en terrasse avec Ovidiu, Gabi, Clément et Théo. Petit à petit, je dis au revoir. Soirée au parc, repas des fouines. 23 heures, Cris vient me chercher. Merci pour tout. Minuit vingt, le train démarre.

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Dernier weekend à Arad

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Cigogne blanche

Samedi, fin d’après-midi. Je me décide à aller photographier les nids de cigognes à Zădăreni. Je prends avec la moi la tente et de quoi
camper, on ne sait jamais quelle idée pourrait me passer par la tête en longeant la Mureş. A Zădăreni, je passe devant l’école d’équitation. Anton et sa femme sont là, c’est l’heure de l’apéro. Je me joins à eux avant de reprendre mon vélo. Je rejoins la rivière et trouve un endroit propice pour la nuit, non loin de là où Marion avait planté sa tente début mai. Je m’apprête à pique-niquer, partagée par l’existentielle question « tente ou belle étoile ? », lorsque je reçois un message de Gabi : virée en canoë demain, départ vers 5-6 heures du matin. Changement de programme ! J’enfourche à nouveau mon vélo et rentre au centre dans la lumière du crépuscule. Plein d’oiseaux, hirondelles, guêpiers, hérons, cigognes et même un couple de buses à quelques dizaines de mètres. Des grenouilles, et Monsieur Hérisson rencontré au milieu d’un champ de blé. Finalement je ne serai même pas rentrée dans le village de Zădăreni.

Dans la journée, nous sommes passés en vélo dans le hameau Rom situé entre la forêt et l’entrée d’Arad. Etonnant (ou pas) comme ces maisons de bois aux toits de tôles et ces rues ensablées me font penser au Bénin. Le sable n’est pas rouge, certes. Etonnant aussi (ou pas) comme je m’y sens bien. Aucune agressivité digne des histoires que j’ai pu entendre, mais des regards curieux et des sourires. Peut-être apprécient-ils simplement qu’on leur porte un peu d’intérêt sans préjugés ?

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Crépuscule sur la Mureş

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Calopteryx

5 heures, après une très courte nuit je suis prête à partir. Nous chargeons le canoë sur la voiture et partons avec Gabi en amont d’Arad, entre Păuliş et Lipova. Première mise à l’eau de la journée, un rapide aller-retour jusqu’à une berge habitée par des castors. Gabi me regarde : « tu sais à quoi je pense ? » Réponse : « A aller et revenir à contre-courant ? Ben oui ! » Bien sûr. Rien de bien compliqué à pagayer quelques centaines de mètres contre le courant. Suite de la matinée à faire la sieste sur la berge. Ok, mais moi je veux pagayer sur la Mureş ! Angela et des amis nous rejoignent, Gabi et moi repartons (enfin !) avec le canoë vers l’amont. Pas facile de trouver un accès à la rivière, nous portons le canoë sur un chemin qui semble longer la Mureş sans jamais la rejoindre. Nous perdons patience et décidons de couper à travers les broussailles. Enfin sur l’eau ! La rivière est plus sauvage ici qu’en aval d’Arad, entourée de jolies collines. Des traces, mais pas de castor.

Retour au parc avec les amis de Gabi qui m’y déposent. Il s’est mis à pleuvoir des cordes. Ovidiu fête son anniversaire ce soir, c’est pourquoi je souhaitais rentrer de bonne heure.

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Lunca Mureşului : semaine 7

DSCF0511---CopieAvec les deux volontaires qui viennent d’arriver au parc, tout de suite le courant est passé. Branchés écologie, plein air, voyages, ouverts sur le monde et curieux, avec une énergie et une agilité déconcertantes. J’avais hâte d’avoir de la compagnie au parc, j’en viens à regretter de ne partager que dix jours avec eux. Passons de super moments ensemble, leur enthousiasme est véritablement communicatif. Les soirées s’allongent… et s’arrosent un peu.

Virée dans la zone protégée de Zădăreni avec Clément et Théo, première prise de contact pour eux avec ce sentier sur lequel ils vont travailler pendant le mois qui vient. Nous posons à nouveau les caméras, déjà curieux de savoir quelles surprises elles nous réserveront lorsque nous les récupérerons.

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Les fouines que nous avons recueillies ont bien grandi et jouent comme des petits chats !

 

 

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Lunca Mureşului : semaine 6

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Nids d’hirondelles de rivage

Enfin une nouvelle sortie en canoë ! C’est qu’elle n’aura pas été facile à mettre sur pieds. Six heures sur la Mureş à la recherche des traces des castors, sous un chaud soleil estival. Un castor plonge juste devant nous depuis la berge, nous attendons de le voir ressortir… en vain. Avec Gabi, nous discutons et plaisantons comme toujours. Plus je passe de temps avec lui et plus je l’apprécie. En outre notre duo de canoëistes fonctionne plutôt bien. Pas besoin de paroles pour savoir que faire ni où aller. Agréable. Nous passons devant les deux colonies de guêpiers d’Europe et d’hirondelles de rivage : des centaines de nids et autant d’oiseaux qui tourbillonnent et virevoltent autour de nous. Magique ! En arrivant à Pecica, nous confions le canoë au responsable du bac et nous traversons le village pour rejoindre la route et nous rentrons à Arad en microbus.

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Insula Mureş III

DSCF0428---CopieSeconde virée sur la rivière pour cette semaine. Cette fois, c’est avec Ovidiu et le petit canot pneumatique. Autant dire que les coups de pagaie sont légèrement moins efficaces ! Nous partons de Pecica et descendons la rivière jusqu’aux alentours du monastère de Bezdin. A cet endroit la Mureş est truffée de méandres et d’îlots boisés. La partie amont était ainsi autrefois, avant que son cours ne soit modifié pour protéger la plaine contre les crues. Peut-être aussi parce que nous nous éloignons d’Arad, ici la rivière paraît plus sauvage, ce qui n’est pas pour me déplaire. Plusieurs bihoreaux gris s’envolent à notre approche. Peu après Bezdin, nous cachon le canot dans les broussailles et regagnons le bac de Pecica à pied. Deux petites heures de marche dans la forêt ; nous observons daims et sangliers sur le chemin. Traversée de la Mureş en bac pour clore la journée.

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Îlot sur la Mureş

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A bord du bac de Pecica

 

 

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Lunca Mureşului : semaine 5

DSCF0228--2-Gabi a pu rencontrer le dirigeant de l’école d’équitation de Zădăreni. Du coup, aujourd’hui c’est balade à cheval dans le parc ! Anton est francophone, il est le descendant d’une famille princière ukrainienne et vit principalement grâce à des logements en location à Arad. Cela lui permet d’élever des chevaux par passion, la petite école n’étant pas vraiment rentable car peu de gens ici ont à la fois la culture et les moyens de se payer des cours d’équitation. De Zădăreni, nous longeons la Mureş en y faisant une halte pour mettre les sabots dans l’eau et continuons jusqu’au monastère de Bodrog avant de revenir à travers champs. Belle balade sous un chaud soleil en compagnie d’un gaillard bien intéressant et de sa femme toute aussi joviale.

Nous sommes une fois de plus retournés dans la zone protégée de Zădăreni avec Ovidiu et nous y avons récupéré les appareils photos et caméras que nous avions posés devant les terriers la semaine passée. Surprise au visionnage : ce ne sont pas des blaireaux qui habitent là, mais une famille de renards ! Une biche est également passée par là.

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Il y a des orages quasiment tous les soirs depuis que la chaleur s’est installée. L’un d’eux a dessiné un superbe arc-en-ciel en forêt, juste sous les premières branches. Magie de l’instant.

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Chevaux-6859---CopieNous sommes aussi retournés monter au haras d’Arad avec Gabi. Toujours le même plaisir que de partager ma passion, qui plus est avec ce biologiste qui vient d’être piqué par le virus cheval.

Déjà le mois de juin. Une fois de plus, le temps passe trop vite. Dans une vingtaine de jours je referai mon sac pour visiter quelques bouts de Roumanie avant de rentrer. Une fois de plus, je suis partagée entre l’envie d’aller voir plus loin (et même, celle de passer l’été à Piriac) et l’attachement à cet endroit où je me sens bien et surtout à certaines personnes. Je retrouve ce paradoxe du voyageur qui m’anime depuis maintenant plusieurs années mais que je n’avais pas réellement éprouvé l’an dernier. Je m’aperçois que je hais toujours autant les départs.

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Lunca Mureşului : semaine 4

DSCF0198--2-Inspiration du weekend : et si le parc pouvait proposer des promenades à cheval ? J’y ai pensé en montant au haras. Seulement le haras est à une petite dizaine de kilomètres du parc, et surtout les chevaux sont loin d’être adaptés pour ce genre d’activité. Je me souviens être passée devant une petite école d’équitation à Zădăreni, sur l’autre rive… J’y retourne donc aujourd’hui en espérant que quelqu’un puisse répondre à mes questions. Une petite heure de vélo aller-retour sous ce chaud soleil devenu estival. Personne… Je retenterai plus tard.

Le soir même, Gabi se rend à Zădăreni et propose de m’accompagner à l’écurie. Pas plus mal d’avoir un interprète ! Seul un employé est présent ; il nous donne le numéro de téléphone des dirigeants. Affaire à suivre…

Aurais-je fait l’erreur de glisser à Gabi que la ţuica que j’ai testée jusqu’à présent est moins forte que le sodabi béninois ? Toujours est-il que je n’ai plus le choix : goûter les trois qu’il a en réserve ! Avec modération certes, mais juste assez pour me réveiller en sursaut à 4 heures du matin en me demandant où je suis… Tout va bien.

 

Retour dans la zone protégée de Zădăreni avec Ovidiu. Cette fois nous parvenons à déterminer le tracé complet du nouveau sentier d’interprétation, Je ne verrai plus jamais un sentier de la même façon maintenant que je commence à avoir un aperçu du travail nécessaire à leur création !

Nous posons au passage deux appareils photos et une caméra devant les terriers découverts la semaine passée, en espérant récupérer quelques images intéressantes…

DSCF0206--2-De Şeitin à Nădlac, je devrais en avoir pour trois bonnes heures de marche sur la digue qui délimite la bordure nord du parc, à répertorier les espèces d’oiseaux observés en chemin. Je me demande si Gabi a déjà suivi ce parcours… parce que ce n’est pas trois mais cinq heures dont j’aurai eu besoin pour couvrir la distance ! Marcher au soleil en ligne quasi droite et sans repères particuliers… les joies de la plaine ! Etrange sensation de marcher sans avancer, dans un décor qui évolue au ralenti. Tout ça pour peu d’oiseaux d’intérêt, hormi un martin-pêcheur, un faucon kobez et quatre pies grièches rose. Qu’importe ! Peu avant Nădlac, une voiture me double et me propose de me déposer en ville. C’est gentil, mais je préfère marcher. Un peu plus loin, je pourrais rejoindre rapidement la nationale depuis laquelle je pourrai rentrer. Mais non, je continue encore un peu, même si les oiseaux ne sont pas de la partie. Jusqu’au bosquet, jusqu’au virage, je repousse le point d’où je vais arrêter. Qu’est-ce qui me pousse à marcher ainsi ? Une énergie qui me soufflerait de continuer encore et encore… Un pas après l’autre. Toujours plus loin. Pensées pour Marion rendue quelque part en Hongrie.

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Je finis par quitter la digue et rejoindre la route pour rentrer en stop. Challenge : quitter Nădlac avant 18 heures, il est 17h50. Une voiture de flics s’arrête à ma hauteur. De unde vine ? De Şeitin, pe jos. Merg la Arad (D’où  tu viens ? De Şeitin, à  pied, je vais à Arad). Regard interloqué. Papiers ? Ah, frantuzuaica ! Ils me reposent la même question en anglais, ma réponse reste la même. J’arrive de Şeitin à pied et je rentre à Arad en stop. Cela est si étrange ? En discutant plus tard avec un ami, je m’apercevrai qu’il y a en fait une bonne vingtaine de kilomètres entre Şeitin et Nădlac… Je tends le pouce, une voiture ne tarde pas à s’arrêter. 17h58, Nădlac est derrière moi. Challenge tenu ! Mon chauffeur connait même un peu de français, son fils habite à Paris. Il propose de me déposer où je souhaite. Je ne sais pas pour quelle raison, sur un coup de tête je lui demande de me laisser en centre ville… ou comment ajouter plus d’une heure et demie de marche supplémentaires.

 

Animaux--2--5175Les deux fouines vont bien, elles ont été installées dans une grande cage dans le garage et commencent à manger de la viande. La question de leur remise en liberté risque d’être problématique, il n’est pas impossible qu’elles se soient trop habituées à l’homme…

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Lunca Mureşului : semaine 3

DSCF0102bisC’est parti pour une nouvelle aventure animalière : deux fouines orphelines nous ont été amenées au Centre. Elles doivent avoir environ 1 mois, pas plus. Biberon toutes les 4 heures, y compris la nuit pour les premiers temps. Comme je suis la seule à habiter sur place, c’est moi qui m’en charge. Avec plaisir, cela me rappelle mes nombreuses histoires de chats. Je craignais qu’elles ne soient effrayées par les humains, mais elles doivent être encore trop petites pour ça car elles se font vite à leur nouvel environnement. Peut-être trop, cela risque de devenir compliqué pour les relacher dans la nature quand elles en auront l’âge, ce qui serait tout de même la meilleure option.

DSCF0108bisJournée sur le terrain dans la zone protégée de Zădăreni, pour déterminer le tracê et l’implantation des panneaux du nouveau sentier d’interprétation. Facile à dire ! Et même pas si compliqué au début… Mais quand il s’agit de revenir de la berge en faisant une boucle, sans croiser le tracé aller et le tout bien sûr dans une belle forêt (garnie d’orties), les choses se corsent ! Il nous faudra revenir un autre jour pour terminer. Une piste bien nette, probablement de chat sauvage. Un peu plus loin, des terriers que nous suposons être ceux de de blaireaux d’Europe. DSCF0141bisRetour en vélo agrémenté d’une belle glissade dans la boue. L’avantage, c’est qu’elle amortit la chute !

DSCF0110bis Chevaux-6898bisLa super nouvelle de la semaine, c’est que je peux monter à cheval gratuitement et à volonté : je ne vais pas m’en priver ! Enfin ce sera pour les journées sans sortie sur le terrain, parce qu’une grosse heure de vélo aller-retour plus le temps en selle après avoir crapahuté en forêt ou descendu la rivière en canoe… Il s’agit en fait du haras national d’Arad. L’emplacement, ancienne piste d’aviation de l’armée (ici les haras dépendent de l’armée) au milieu d’une zone commerciale, et surtout l’état des bâtiments pourraient laisser présager le pire, mais heureusement les chevaux sont en excellente condition. On me confie Mendoza, étalon lipizzan respectueux et froid (presque trop par rapport aux petits chevaux énergiques auxquels je suis plus habituée). Cheval presque uniquement attelé, pour tracter droit, qui ne connait visiblement pas l’incurvation… Au moins il n’est pas difficile de trouver une piste de travail, mais en un mois je ne m’attends pas à des miracles. J’ai pu partager avec bonheur ma passion avec Gabi et sa fille, et avec Cristian.

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Lunca Mureşului : semaine 2

Semaine plus posée que la précédente car avec plus de journées au bureau.

En début de semaine, des étudiants de six pays européens viennent travailler au parc sur un projet de développement durable. Ça m’aurait plu ! Je peux enfin aider Ovidiu avec ses questionnaires sur la fréquentation du parc, pour une fois que les interlocuteurs ne sont pas Roumains. J’échange notamment avec un étudiant Luxembourgeois qui préfère le français à l’anglais. Après bien quinze minutes de conversation, un de ses copains s’étonne à mon égard : « Mais comment ça se fait que tu parles français ? »…

Nouvelle invitiation à un barbecue. Un tous les deux jours, je veux bien continuer à ce rythme ! Cette fois c’est à l’occasion de l’anniversaire de la fille du directeur.

 

Mercredi, 5h30, debout. Ce qu’on ne ferait pas pour quelques petites bêtes ! En l’occurence, il s’agit des castors qui ont été réintroduits dans la région en 2002. Depuis, la population augmente régulièrement, y compris en plein coeur d’Arad. Avec Gabi, nous partons à leur recherche, en canoe sur la Mureş. Le courant passe vraiment bien avec lui. Nous alternons discussions agréables et moments de calme à l’écoute de la nature. Guêpiers, martin-pêcheurs, hirondelles, faucons, petits gravelots, aigrettes et hérons sont de sortie.

Je retrouve le plaisir de pagayer, dont je n’ai pas perdu les réflexes. La Mureş est large, plate, mais avec un débit important. Régulièrement nous nous rapprochons de la berge où nous observons plusieurs terriers et autres traces du passage des castors. Le soleil commence à chauffer pour de bon, rien à voir avec les 7 degrés du matin. Ces variations extrêmes de température, tout comme la météo maussade à mon arrivée, sont inhabituelles ici à cette saison. Après avoir traversé la ville, nous passons le chantier de l’autoroute censée relier la Mer Noire au reste de l’Europe. Gabi plaisante (jaune) : « peut-être que dans 50 ans ils auront terminé »… Des cables en travers nous obligent à débarquer pour les contourner. Nous enfonçons dans la vase. Miam !

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Aigrette garzette

Nous entrons dans le territoire du parc. Filets de pêche des braconniers un peu partout. Difficile de les prendre sur le fait étant donnée la superficie du parc et le peu de moyens à disposition. Un nid habité ! Un castor ! Il se prend dans un filet posé juste à coté. Il aura sans doute eu la peur de sa vie, mais surtout de la chance qu’on soit présents à ce moment là. Séance sauvetage de castor et séquence émotions. Que j’aime les biologistes quand ils se retrouvent enfin face à l’animal qu’ils cherchent ! Entre excitation, frénésie… et la frustration de ne pas le voir plus près, plus longtemps. Le temps d’une photo. En cet instant Gabi me fait penser à Christian, l’ornithologue avec qui nous travaillions en Croatie.

 

Nouvelle discussion avec Tom. Les discussions avec lui sont bénéfiques car il voit comme moi les petites choses qui mériteraient d’être ajustées. Concernant la signalisation des chemins de rando, par exemple. C’est en effet si clair lorsqu’on a une carte, qu’on entre dans le parc à Arad… et qui plus est quand on connait ! Mais le parc est grand, et quand on y entre à un autre endroit, les informations se font plus discrètes. Nous l’avons constaté avec Marion, les chemins sont très bien balisés, mais sans légende comment connaître la signification de ces balises ? Principal obstacle : le budget, cette fois encore.

Je me sens bien, chez ces Roumains accueillants et curieux. Dimanche encore, un type est sorti de son jardin et est venu jusqu’à moi sur le chemin pour me saluer et me proposer un peu d’eau en me voyant passer à vélo.

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Bondy, le petit âne gris qui traverse l’Europe

Lever matinal. Me voilà partie rejoindre Marion, Française qui était en wwoofing dans les environs de Făgăraş, dans le centre du pays, depuis près d’un an et qui rentre à La Rochelle à pied, avec son âne et son chien.

Une heure de vélo vers Zădăreni, dans l’agréable lumière du petit matin. Je traverse la Mureş sur la passerelle en bois qui mène à l’Insula Mureş III, puis le hameau et je poursuis vers Zădăreni en contournant les champs. J’entre dans ce village dont j’avais aperçu le clocher dès lundi dernier depuis l’autre rive. Je longe le canal qui borde le village, la carte indique qu’il s’interrompt sur tout juste 200 mètres… Saleté de chien ! La plupart aboient férocement en restant à l’écart, mais celui-ci, je ne le sens pas. C’est un chien qui interrompt le sentier. Soit. Je contourne quelques terrains avant de le retrouver, et de déboucher… sur un gué, infranchissable avec le vélo et le sac sur le dos. Marion dans son message m’avait bien parlé d’un pont ! Je le trouve un peu plus loin et arrive enfin sur les bords de la Mureş où Marion avait dressé son campement pour la nuit.

DSCF0062bisJe fais connaissance avec mes équipiers du weekend : Marion, son chien Djinn et son âne Bondy. Nous levons le camp, l’âne prend la tête avec allant ce matin. Avec Marion, nous parlons de la Roumanie, de nos expériences de voyages en tous genres, de souvenirs équestres, de tout et de rien… Vraiment sympa. Pendant ce temps, un pas après l’autre, nous progressons vers l’Ouest. Sur terrain plat, cela se fait sans trop d’efforts. De temps à autre, Bondy bifurque et Marion lui court après pour le remettre sur le chemin. De quoi pimenter un peu le parcours ! Nous faisons halte pour le pique-nique à proximité du bac de Pecica. Nous repartons en suivant la digue qui délimite le parc et sur laquelle passe le E7, sentier de randonnée européen qui emmène jusqu’au Portugal. Enfin théoriquement, car les informations sur son parcours ne sont pas toujours faciles à obtenir. Nous passons par Bezdin où nous profitons du monastère pour reprendre de l’eau. Deux busards et une buse, observés aux mêmes endroits que jeudi. Nous dressons la tente sous les arbres peu avant la fin de la zone forestière. Feu de camp, mămăliga (la polenta roumaine) avec carottes et fromage : bon et roboratif, l’idéal du randonneur. Nuit sous la tente, Djinn couché sur nos pieds. Nous bavardons et rions jusqu’à tard. Sensation d’être en compagnie d’une bonne vieille copine.

DSCF0067bisFinalement, malgré mon peu d’équipement et les températures nocturnes (il y avait du givre dans les champs hier matin), je n’ai pas eu froid de la nuit. Petite pluie du matin. Elle se sera dissipée le temps qu’on lève le camp. Nous reprenons la route, suivant encore la digue vers l’ouest, Bondy toujours devant quoi que plus molisson ce matin. Il traînerait bien à brouter ici ou là. Nous pique-niquons sur le bord du chemin aux environs de Semlac. Une fois Bondy de nouveau chargé, il est temps pour moi de rentrer. J’ai une demi-journée pour effectuer à vélo en sens inverse le chemin que nous avons parcouru depuis hier. Bonne route Marion, peut-être se retrouvera-t-on en Hongrie la semaine prochaine… ou sur les chemins de France en septembre !

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Le monastère serbe de Bezdin

 

Retour sur la digue, à vitesse peu élevée à cause de l’herbe qui me ralentit. Il me faudra au total 4 heures pour rentrer. Autour, c’est la vaste plaine d’Europe centrale qui débute et dont Marion va traverser quelques kilomètres. Fenlac : je traverse le village et récupère la route. Marre de cette digue sur laquelle je n’avance pas. Je retrouve les chemins après Zădăreni pour traverser la rivière. J’arrive au Centre, Olliver m’invite à me joindre au barbecue qu’il prépare avec ses potes. Malgré la fatigue, ça ne se refuse pas !

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Lunca Mureşului : semaine 1

Lundi

Virée en vélo dans la forêt vers la zone de protection intégrale de Zădăreni, emplacement du futur circuit d’interprétation. Le chemin est bien boueux après la pluie d’hier, je m’amuse comme une gamine. Paisible forêt. Plus j’y passe du temps et plus j’apprécie cet endroit. C’est une bonne chose, car les premières impressions n’étaient pas des plus positives. Les arbres bruissent d’oiseaux qui semblent ne jamais se taire. Que j’aimerais les reconnaître à l’oreille ! Un martin-pêcheur passe au raz de l’eau.

Retour au centre, il est 18 heures. Plus personne. Enfermée dehors ! C’est malin, et le premier jour évidemment… Je fais le tour des portes du bâtiment. J’ai heureusement le numéro d’Ovidiu sur un bout de papier au fond d’une poche, puisque pour couronner le tout je n’ai pas mon téléphone avec moi. J’en empreinte un à un promeneur (ou comment se faire connaître du quartier en un rien de temps). Appeler Ovidiu, parti pour la semaine, qui appelle Gabi qui revient m’ouvrir. J’ai l’air fine ! Je me confonds en excuses, il me répond le plus simplement du monde « tu peux m’appeler n’importe quand et pour n’importe quoi ». Et de me demander évidemment quels oiseaux j’ai pu observer sur ma route.

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La rivière Mureş et le clocher de Zădăreni

 

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Cigogne blanche

Mardi

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Hameau de l’Insula Mureş III. Ici, on ne s’embête pas avec les noms de rue. Ou au contraire, peut-être est-ce la même histoire qu’à Pecica, petite ville voisine où Roumains et Hongrois, ne parvenant pas à se mettre d’accord, ont fini par numéroter les rues.

En route pour l’observation des pygargues. Traversée du pont en bois qui mène à l’Insula Mureş III. Quelques habitants de ce hameau vivent ici à l’année. Cigogne dans un champ à la sortie du village. Après une petite heure de vélo entre les champs, j’arrive à mon point d’observation. Pas de pygargue ce matin, mais une buse que je soupçonne de nicher dans un grand frêne sur la rive d’en face. Et hérons, aigrettes et hirondelles de rivage.

 

Mercredi

Prospection de nids d’hirondelles de rivage depuis la rive nord, en face de mon poste d’observation de la veille. A travers la forêt, le vélo ne m’est pas d’une grande utilité, le sentier n’a pas été entretenu depuis un bon moment. Je profite donc de mon passage pour le débroussailler. Après quelques péripéties dans les broussailles (le sentier s’arrête net à la sortie de la forêt) j’arrive enfin sur la berge.

Retour au Centre, tout le monde est parti. Mais cette fois, j’ai la clé !

 

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Monastère serbe de Bezdin

Jeudi

Journée complète sur le terrain. Quelques observations intéressantes (busard des roseaux, vanneaux huppés, cigognes, hérons, buses…), mais surtout l’occasion de faire connaissance avec les collègues et de visiter le parc jusqu’à son extrémité ouest. Et pour en ajouter à cette belle journée, le soleil est revenu. Traversée de la Mureş avec le bac de Pecica et route jusqu’à Cenad. Paul, le directeur du parc, est monté sur le toit d’un bâtiment et me nargue pour le panorama dont il profite… jusqu’au moment de redescendre : coincé ! Il faut approcher le pick-up pour lui faire marche-pied. Il prend les choses avec sérénité et amusement. Nous, on s’amuse tout autant ! Did you enjoy my little adventure ? 

En repartant, nous suivons un type rencontré à bord du bac d’Igriş : il a fait creuser un bassin de pêche sportive dans le parc, avec l’autorisation de la direction de l’eau d’Arad… mais sans avoir jamais demandé la permission au parc. Romanian style… Le contexte expliqué par Gabi, le biologiste de l’équipe, m’aide à saisir l’essentiel de la discussion suivante, bien qu’en roumain. Ce gaillard nous invite à boire une bière chez lui, Paul insiste pour lui signaler qu’ils règleront le problème… en restant professionnels.DSCF0016bis

Passage à Pecica. Une légende dit que qui boiera l’eau de la fontaine ne quittera plus jamais Pecica…

Il y a vraiment de beaux endroits dans ce parc, bords de rivière, champs d’iris sauvages, roselières, monastère serbe au milieu de nulle part… une multitude de trésors.

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Roms à Pecica

 

Vendredi

Discussion avec Tom, volontaire américain de Peace Corps. Il me parle de ses projets (architecture), me montre ses plans, et la mini-Mureş en 3D commencée dans la cour. Joli projet, en suspends pour manque de fonds. Il n’y a pas qu’en Afrique…

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Coronelle lisse qui lézarde au soleil (pas peur Maman, c’est une couleuvre !)

Visite du sentier d’interprétation… dont il ne reste que deux panneaux intacts sur dix, les autres ayant été vandalisés.

Sur le trajet à travers la forêt vers Arad, un petit vieux sur le bord de la piste entame la conversation. Je lui baragouine mes trois mots de roumain, il saisit que je ne parle pas la langue. Raison de plus pour continuer la conversation ! Je devine qu’il a passé du temps en Pologne, et que c’est à force d’entendre qu’il a fini par comprendre le polonais. Du coup il me parle, il me parle… pour que je m’habitue et que je finisse par comprendre le roumain. Quelle attention !

 

 

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