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Ceci n’est pas un pingouin

Manchot du Cap @ OceariumContrairement à une idée largement répandue – et parfois même véhiculée par certains ouvrages documentaires, ce drôle d’oiseau n’est pas un pingouin.

Il a beau s’appeler penguin en anglais, pinguino en espagnol ou pinguin en allemand, en français, c’est un manchot. La linguistique explique peut-être la confusion, toujours est-il que manchot et pingouin sont deux oiseaux bien différents.

Le manchot est ainsi nommé du fait de ses ailes parfaitement adaptées à sa vie marine. Courtes, plates, rigides, elles en font un excellent nageur mais ne lui permettent pas de voler. Il existe 17 espèces de manchots sur la planète, dont la taille varie entre 25 cm pour le petit manchot bleu (photo)  manchot bleuet 120 cm pour le plus célèbre, le manchot empereur. Encore une idée reçue : toutes les espèces de manchots ne vivent pas en Antarctique. Si certains ne se retrouvent que sur le continent blanc, on peut rencontrer des manchots en Afrique du Sud (manchot du Cap, première photo)… ou aux Galapagos.

Le pingouin quant à lui vit exclusivement dans l’hémisphère nord et il peut entre autres être observé sur les côtes bretonnes, écossaises ou canadiennes. Le terme « pingouin » désigne en réalité deux espèces : le petit pingouin ou pingouin torda pingouin torda(photo), et le grand pingouin aujourd’hui disparu. Et pour en terminer avec les a priori, le pingouin est un oiseau qui vole aussi bien que le guillemot ou le macareu avec lesquels il compose la famille des alcidés.

Pour résumer et pour mettre fin à la confusion, il existe trois différences majeures entre manchot et pingouin :

– la taille : le pingouin torda étant globalement plus petit les manchots ;

– la répartition géographique : pingouin dans l’hémisphère nord, manchots dans l’hémisphère sud ;

– et le mode de déplacement : le pingouin vole, le manchot non.

Texte : Julie Bousquet

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Des oiseaux et des tempêtes

Petra, Ruth, Ulla, Christine… Non, ce ne sont pas les personnages d’une nouvelle série télé, mais les tempêtes qui se sont succédé cet hiver. Bien que leur intensité n’ait rien eu d’extraordinaire, il est vrai qu’elles ont été particulièrement fréquentes ces derniers mois et elles ont affecté les populations d’oiseaux marins. La Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) a en effet dénombré plus de 38 000 oiseaux échoués sur la côte atlantique de la Grande-Bretagne à l’Espagne, principalement des alcidés (macareux, guillemots, pingouins).

macareu moine échouéLa mer agîtée, rendant plus difficiles les conditions de vie au large, n’est cependant pas la seule en cause puisque puisque 15% des oiseaux échoués ont été retrouvés mazoutés. Sinistres réminiscences face à ces vilaines boulettes noires. L’origine de cette pollution n’a pas encore été identifiée bien qu’il semble qu’il ne s’agisse pas de restes des naufrages des dernières années. La LPO a porté plainte contre X pour pollution.

Avec le retour de conditions météo favorables, les centres de soins ont commencé ces derniers jours à relacher les oiseaux rescapés. De même pour les phoques recueillis par le centre Océanopolis de Brest.

Que faire si vous trouvez un oiseau échoué sur une plage ? Contactez le Centre de Sauvegarde de la Faune Sauvage le plus proche de chez vous (coordonnées sur le  site de l’Union Française des Centres de Sauvegarde).  S’il est mort, ne cherchez pas à le ramasser et utilisez au minimum des gants en cas de manipulation, l’animal pouvant être porteur de pathogènes. S’il est encore vivant, faites attention, un coup de bec de fou de bassan peut faire des dégats. Ne le transportez pas sans avoir prévenu le centre de sauvegarde, le transport des espèces protégées étant soumis à réglementation. Vous trouverez plus de détails sur la page de la LPO.

Pour suivre l’actualité des échouages d’oiseaux marins : la page dédiée de la LPO

Guide d’identification des alcidés édité par la LPO

Et pour le plaisir des yeux, les images de la tempête Petra saisies par le photographe Philip Plisson

Texte : Julie Bousquet

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Delta Dunarii

Le Delta du Danube : l’un de ces lieux mythiques dont le nom seul suffisait à me faire rêver. La dernière étape de mon voyage en Roumanie, celle qui m’a conduite à traverser le pays. Celle qui me fera encore rêver une fois que j’en serai repartie.

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Village dans le delta du Danube

J’embarque à bord du bateau qui relie Tulcea à Sulina, à l’extrémité du delta, sur les bords de la Mer Noire. Je n’irai pas jusque là, je m’arrêterai à Crişan, village au milieu du delta loti le long du bras central. Il ne pleut pas, mais la grisaille est toujours là et le vent souffle d’autant plus fort à mesure qu’on approche de l’embouchure. Je passe une bonne partie de la traversée sur le pont à observer les oiseaux. Aigrettes, mouettes, goélands, cormorans, guifettes, sternes, hirondelles, pélicans… Un régal. Le delta tient sa réputation de paradis pour l’ornithologie.

Après deux heures et demi de traversée nous arrivons à Crişan où je trouve sans difficulté la pension de Petre. J’y fais la connaissance de trois Français dont une expatriée qui vit à Bucarest et avec qui le courant passe assez vite malgré ce recul instinctif que je peux avoir vis-à-vis de mes compatriotes à l’étranger. Discussions de filles, ce n’est pas désagréable après deux mois entourée de gars. Cette nuit, c’est tempête sur le delta.

 

Le vent de la nuit a chassé le mauvais temps avant de se calmer ; le soleil est revenu : la météo est idéale pour cette journée sur les eaux du delta. Petre nous emmène dans un dédale de canaux, roselières, lacs, îlots, à la rencontre des oiseaux. Des 300 espèces recensées toutes saisons confondues, nous en observerons une bonne cinquantaine, et pas des moindres : rolliers, huppes faciées, pélicans blancs et frisés, guifettes, sternes et goélands, hirondelles, martins-pêcheurs, aigrettes, hérons, crabiers et bihoreaux, busards, même bondrée apivore et pygargue à queue blanche… Et puis des grenouilles et des libellules à n’en plus finir, et deux cistudes d’Europe. Le tout dans des paysages de toute beauté où nous ne croisons que quelques pêcheurs, hormis sur le bras central du Danube, plus « civilisé ». Petre est un excellent guide, il connaît le delta et ses oiseaux comme sa poche. Pique-nique sur un îlot… au coeur du Delta du Danube. Cette journée aura été ne des plus belles de ces deux mois passés en Roumanie. Mémorable.

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Crabiers chevelus

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Pélicans blancs

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Spatule blanche

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Ibis falcinelle

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Grande aigrette

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Pélicans blancs, Pélican frisé, Spatule blanche et Barges à queue rousse

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Echasse blanche

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Bihoreau gris

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Héron pourpré

DSCF0925---CopieApéro sur le ponton devant la pension, suivi d’un dîner au poisson. C’est la première fois que je découvre un peuple aussi tourné vers les ressources aquatiques, mais d’eau douce. Marins d’eau douce ! Petit tour dans le village dans les belles lumières du crépuscule. Les maisons alignées le long du bras central du Danube abritent chacune un petit jardin potager. Derrière, un autre chenal. Et des roseaux.

 

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Cette nuit là, j’ai rêvé d’oiseaux toute la nuit. Partout, ça volait, ça voletait, ça virevoltait.

Contact de Petre Vasiliu, mon guide dans le delta : www.ecoturismdelta.ro

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Dernier weekend à Arad

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Cigogne blanche

Samedi, fin d’après-midi. Je me décide à aller photographier les nids de cigognes à Zădăreni. Je prends avec la moi la tente et de quoi
camper, on ne sait jamais quelle idée pourrait me passer par la tête en longeant la Mureş. A Zădăreni, je passe devant l’école d’équitation. Anton et sa femme sont là, c’est l’heure de l’apéro. Je me joins à eux avant de reprendre mon vélo. Je rejoins la rivière et trouve un endroit propice pour la nuit, non loin de là où Marion avait planté sa tente début mai. Je m’apprête à pique-niquer, partagée par l’existentielle question « tente ou belle étoile ? », lorsque je reçois un message de Gabi : virée en canoë demain, départ vers 5-6 heures du matin. Changement de programme ! J’enfourche à nouveau mon vélo et rentre au centre dans la lumière du crépuscule. Plein d’oiseaux, hirondelles, guêpiers, hérons, cigognes et même un couple de buses à quelques dizaines de mètres. Des grenouilles, et Monsieur Hérisson rencontré au milieu d’un champ de blé. Finalement je ne serai même pas rentrée dans le village de Zădăreni.

Dans la journée, nous sommes passés en vélo dans le hameau Rom situé entre la forêt et l’entrée d’Arad. Etonnant (ou pas) comme ces maisons de bois aux toits de tôles et ces rues ensablées me font penser au Bénin. Le sable n’est pas rouge, certes. Etonnant aussi (ou pas) comme je m’y sens bien. Aucune agressivité digne des histoires que j’ai pu entendre, mais des regards curieux et des sourires. Peut-être apprécient-ils simplement qu’on leur porte un peu d’intérêt sans préjugés ?

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Crépuscule sur la Mureş

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Calopteryx

5 heures, après une très courte nuit je suis prête à partir. Nous chargeons le canoë sur la voiture et partons avec Gabi en amont d’Arad, entre Păuliş et Lipova. Première mise à l’eau de la journée, un rapide aller-retour jusqu’à une berge habitée par des castors. Gabi me regarde : « tu sais à quoi je pense ? » Réponse : « A aller et revenir à contre-courant ? Ben oui ! » Bien sûr. Rien de bien compliqué à pagayer quelques centaines de mètres contre le courant. Suite de la matinée à faire la sieste sur la berge. Ok, mais moi je veux pagayer sur la Mureş ! Angela et des amis nous rejoignent, Gabi et moi repartons (enfin !) avec le canoë vers l’amont. Pas facile de trouver un accès à la rivière, nous portons le canoë sur un chemin qui semble longer la Mureş sans jamais la rejoindre. Nous perdons patience et décidons de couper à travers les broussailles. Enfin sur l’eau ! La rivière est plus sauvage ici qu’en aval d’Arad, entourée de jolies collines. Des traces, mais pas de castor.

Retour au parc avec les amis de Gabi qui m’y déposent. Il s’est mis à pleuvoir des cordes. Ovidiu fête son anniversaire ce soir, c’est pourquoi je souhaitais rentrer de bonne heure.

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Lunca Mureşului : semaine 4

DSCF0198--2-Inspiration du weekend : et si le parc pouvait proposer des promenades à cheval ? J’y ai pensé en montant au haras. Seulement le haras est à une petite dizaine de kilomètres du parc, et surtout les chevaux sont loin d’être adaptés pour ce genre d’activité. Je me souviens être passée devant une petite école d’équitation à Zădăreni, sur l’autre rive… J’y retourne donc aujourd’hui en espérant que quelqu’un puisse répondre à mes questions. Une petite heure de vélo aller-retour sous ce chaud soleil devenu estival. Personne… Je retenterai plus tard.

Le soir même, Gabi se rend à Zădăreni et propose de m’accompagner à l’écurie. Pas plus mal d’avoir un interprète ! Seul un employé est présent ; il nous donne le numéro de téléphone des dirigeants. Affaire à suivre…

Aurais-je fait l’erreur de glisser à Gabi que la ţuica que j’ai testée jusqu’à présent est moins forte que le sodabi béninois ? Toujours est-il que je n’ai plus le choix : goûter les trois qu’il a en réserve ! Avec modération certes, mais juste assez pour me réveiller en sursaut à 4 heures du matin en me demandant où je suis… Tout va bien.

 

Retour dans la zone protégée de Zădăreni avec Ovidiu. Cette fois nous parvenons à déterminer le tracé complet du nouveau sentier d’interprétation, Je ne verrai plus jamais un sentier de la même façon maintenant que je commence à avoir un aperçu du travail nécessaire à leur création !

Nous posons au passage deux appareils photos et une caméra devant les terriers découverts la semaine passée, en espérant récupérer quelques images intéressantes…

DSCF0206--2-De Şeitin à Nădlac, je devrais en avoir pour trois bonnes heures de marche sur la digue qui délimite la bordure nord du parc, à répertorier les espèces d’oiseaux observés en chemin. Je me demande si Gabi a déjà suivi ce parcours… parce que ce n’est pas trois mais cinq heures dont j’aurai eu besoin pour couvrir la distance ! Marcher au soleil en ligne quasi droite et sans repères particuliers… les joies de la plaine ! Etrange sensation de marcher sans avancer, dans un décor qui évolue au ralenti. Tout ça pour peu d’oiseaux d’intérêt, hormi un martin-pêcheur, un faucon kobez et quatre pies grièches rose. Qu’importe ! Peu avant Nădlac, une voiture me double et me propose de me déposer en ville. C’est gentil, mais je préfère marcher. Un peu plus loin, je pourrais rejoindre rapidement la nationale depuis laquelle je pourrai rentrer. Mais non, je continue encore un peu, même si les oiseaux ne sont pas de la partie. Jusqu’au bosquet, jusqu’au virage, je repousse le point d’où je vais arrêter. Qu’est-ce qui me pousse à marcher ainsi ? Une énergie qui me soufflerait de continuer encore et encore… Un pas après l’autre. Toujours plus loin. Pensées pour Marion rendue quelque part en Hongrie.

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Je finis par quitter la digue et rejoindre la route pour rentrer en stop. Challenge : quitter Nădlac avant 18 heures, il est 17h50. Une voiture de flics s’arrête à ma hauteur. De unde vine ? De Şeitin, pe jos. Merg la Arad (D’où  tu viens ? De Şeitin, à  pied, je vais à Arad). Regard interloqué. Papiers ? Ah, frantuzuaica ! Ils me reposent la même question en anglais, ma réponse reste la même. J’arrive de Şeitin à pied et je rentre à Arad en stop. Cela est si étrange ? En discutant plus tard avec un ami, je m’apercevrai qu’il y a en fait une bonne vingtaine de kilomètres entre Şeitin et Nădlac… Je tends le pouce, une voiture ne tarde pas à s’arrêter. 17h58, Nădlac est derrière moi. Challenge tenu ! Mon chauffeur connait même un peu de français, son fils habite à Paris. Il propose de me déposer où je souhaite. Je ne sais pas pour quelle raison, sur un coup de tête je lui demande de me laisser en centre ville… ou comment ajouter plus d’une heure et demie de marche supplémentaires.

 

Animaux--2--5175Les deux fouines vont bien, elles ont été installées dans une grande cage dans le garage et commencent à manger de la viande. La question de leur remise en liberté risque d’être problématique, il n’est pas impossible qu’elles se soient trop habituées à l’homme…

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Lunca Mureşului : semaine 2

Semaine plus posée que la précédente car avec plus de journées au bureau.

En début de semaine, des étudiants de six pays européens viennent travailler au parc sur un projet de développement durable. Ça m’aurait plu ! Je peux enfin aider Ovidiu avec ses questionnaires sur la fréquentation du parc, pour une fois que les interlocuteurs ne sont pas Roumains. J’échange notamment avec un étudiant Luxembourgeois qui préfère le français à l’anglais. Après bien quinze minutes de conversation, un de ses copains s’étonne à mon égard : « Mais comment ça se fait que tu parles français ? »…

Nouvelle invitiation à un barbecue. Un tous les deux jours, je veux bien continuer à ce rythme ! Cette fois c’est à l’occasion de l’anniversaire de la fille du directeur.

 

Mercredi, 5h30, debout. Ce qu’on ne ferait pas pour quelques petites bêtes ! En l’occurence, il s’agit des castors qui ont été réintroduits dans la région en 2002. Depuis, la population augmente régulièrement, y compris en plein coeur d’Arad. Avec Gabi, nous partons à leur recherche, en canoe sur la Mureş. Le courant passe vraiment bien avec lui. Nous alternons discussions agréables et moments de calme à l’écoute de la nature. Guêpiers, martin-pêcheurs, hirondelles, faucons, petits gravelots, aigrettes et hérons sont de sortie.

Je retrouve le plaisir de pagayer, dont je n’ai pas perdu les réflexes. La Mureş est large, plate, mais avec un débit important. Régulièrement nous nous rapprochons de la berge où nous observons plusieurs terriers et autres traces du passage des castors. Le soleil commence à chauffer pour de bon, rien à voir avec les 7 degrés du matin. Ces variations extrêmes de température, tout comme la météo maussade à mon arrivée, sont inhabituelles ici à cette saison. Après avoir traversé la ville, nous passons le chantier de l’autoroute censée relier la Mer Noire au reste de l’Europe. Gabi plaisante (jaune) : « peut-être que dans 50 ans ils auront terminé »… Des cables en travers nous obligent à débarquer pour les contourner. Nous enfonçons dans la vase. Miam !

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Aigrette garzette

Nous entrons dans le territoire du parc. Filets de pêche des braconniers un peu partout. Difficile de les prendre sur le fait étant donnée la superficie du parc et le peu de moyens à disposition. Un nid habité ! Un castor ! Il se prend dans un filet posé juste à coté. Il aura sans doute eu la peur de sa vie, mais surtout de la chance qu’on soit présents à ce moment là. Séance sauvetage de castor et séquence émotions. Que j’aime les biologistes quand ils se retrouvent enfin face à l’animal qu’ils cherchent ! Entre excitation, frénésie… et la frustration de ne pas le voir plus près, plus longtemps. Le temps d’une photo. En cet instant Gabi me fait penser à Christian, l’ornithologue avec qui nous travaillions en Croatie.

 

Nouvelle discussion avec Tom. Les discussions avec lui sont bénéfiques car il voit comme moi les petites choses qui mériteraient d’être ajustées. Concernant la signalisation des chemins de rando, par exemple. C’est en effet si clair lorsqu’on a une carte, qu’on entre dans le parc à Arad… et qui plus est quand on connait ! Mais le parc est grand, et quand on y entre à un autre endroit, les informations se font plus discrètes. Nous l’avons constaté avec Marion, les chemins sont très bien balisés, mais sans légende comment connaître la signification de ces balises ? Principal obstacle : le budget, cette fois encore.

Je me sens bien, chez ces Roumains accueillants et curieux. Dimanche encore, un type est sorti de son jardin et est venu jusqu’à moi sur le chemin pour me saluer et me proposer un peu d’eau en me voyant passer à vélo.

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Lunca Mureşului : semaine 1

Lundi

Virée en vélo dans la forêt vers la zone de protection intégrale de Zădăreni, emplacement du futur circuit d’interprétation. Le chemin est bien boueux après la pluie d’hier, je m’amuse comme une gamine. Paisible forêt. Plus j’y passe du temps et plus j’apprécie cet endroit. C’est une bonne chose, car les premières impressions n’étaient pas des plus positives. Les arbres bruissent d’oiseaux qui semblent ne jamais se taire. Que j’aimerais les reconnaître à l’oreille ! Un martin-pêcheur passe au raz de l’eau.

Retour au centre, il est 18 heures. Plus personne. Enfermée dehors ! C’est malin, et le premier jour évidemment… Je fais le tour des portes du bâtiment. J’ai heureusement le numéro d’Ovidiu sur un bout de papier au fond d’une poche, puisque pour couronner le tout je n’ai pas mon téléphone avec moi. J’en empreinte un à un promeneur (ou comment se faire connaître du quartier en un rien de temps). Appeler Ovidiu, parti pour la semaine, qui appelle Gabi qui revient m’ouvrir. J’ai l’air fine ! Je me confonds en excuses, il me répond le plus simplement du monde « tu peux m’appeler n’importe quand et pour n’importe quoi ». Et de me demander évidemment quels oiseaux j’ai pu observer sur ma route.

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La rivière Mureş et le clocher de Zădăreni

 

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Cigogne blanche

Mardi

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Hameau de l’Insula Mureş III. Ici, on ne s’embête pas avec les noms de rue. Ou au contraire, peut-être est-ce la même histoire qu’à Pecica, petite ville voisine où Roumains et Hongrois, ne parvenant pas à se mettre d’accord, ont fini par numéroter les rues.

En route pour l’observation des pygargues. Traversée du pont en bois qui mène à l’Insula Mureş III. Quelques habitants de ce hameau vivent ici à l’année. Cigogne dans un champ à la sortie du village. Après une petite heure de vélo entre les champs, j’arrive à mon point d’observation. Pas de pygargue ce matin, mais une buse que je soupçonne de nicher dans un grand frêne sur la rive d’en face. Et hérons, aigrettes et hirondelles de rivage.

 

Mercredi

Prospection de nids d’hirondelles de rivage depuis la rive nord, en face de mon poste d’observation de la veille. A travers la forêt, le vélo ne m’est pas d’une grande utilité, le sentier n’a pas été entretenu depuis un bon moment. Je profite donc de mon passage pour le débroussailler. Après quelques péripéties dans les broussailles (le sentier s’arrête net à la sortie de la forêt) j’arrive enfin sur la berge.

Retour au Centre, tout le monde est parti. Mais cette fois, j’ai la clé !

 

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Monastère serbe de Bezdin

Jeudi

Journée complète sur le terrain. Quelques observations intéressantes (busard des roseaux, vanneaux huppés, cigognes, hérons, buses…), mais surtout l’occasion de faire connaissance avec les collègues et de visiter le parc jusqu’à son extrémité ouest. Et pour en ajouter à cette belle journée, le soleil est revenu. Traversée de la Mureş avec le bac de Pecica et route jusqu’à Cenad. Paul, le directeur du parc, est monté sur le toit d’un bâtiment et me nargue pour le panorama dont il profite… jusqu’au moment de redescendre : coincé ! Il faut approcher le pick-up pour lui faire marche-pied. Il prend les choses avec sérénité et amusement. Nous, on s’amuse tout autant ! Did you enjoy my little adventure ? 

En repartant, nous suivons un type rencontré à bord du bac d’Igriş : il a fait creuser un bassin de pêche sportive dans le parc, avec l’autorisation de la direction de l’eau d’Arad… mais sans avoir jamais demandé la permission au parc. Romanian style… Le contexte expliqué par Gabi, le biologiste de l’équipe, m’aide à saisir l’essentiel de la discussion suivante, bien qu’en roumain. Ce gaillard nous invite à boire une bière chez lui, Paul insiste pour lui signaler qu’ils règleront le problème… en restant professionnels.DSCF0016bis

Passage à Pecica. Une légende dit que qui boiera l’eau de la fontaine ne quittera plus jamais Pecica…

Il y a vraiment de beaux endroits dans ce parc, bords de rivière, champs d’iris sauvages, roselières, monastère serbe au milieu de nulle part… une multitude de trésors.

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Roms à Pecica

 

Vendredi

Discussion avec Tom, volontaire américain de Peace Corps. Il me parle de ses projets (architecture), me montre ses plans, et la mini-Mureş en 3D commencée dans la cour. Joli projet, en suspends pour manque de fonds. Il n’y a pas qu’en Afrique…

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Coronelle lisse qui lézarde au soleil (pas peur Maman, c’est une couleuvre !)

Visite du sentier d’interprétation… dont il ne reste que deux panneaux intacts sur dix, les autres ayant été vandalisés.

Sur le trajet à travers la forêt vers Arad, un petit vieux sur le bord de la piste entame la conversation. Je lui baragouine mes trois mots de roumain, il saisit que je ne parle pas la langue. Raison de plus pour continuer la conversation ! Je devine qu’il a passé du temps en Pologne, et que c’est à force d’entendre qu’il a fini par comprendre le polonais. Du coup il me parle, il me parle… pour que je m’habitue et que je finisse par comprendre le roumain. Quelle attention !

 

 

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Svan Petar

À l’entrée du village de Svan Petar se dresse un chêne presque millénaire, au tronc creux si énorme qu’on peut tenir à cinq à l’intérieur (vérifié !). Il ne lui reste plus qu’une grosse branche, l’autre a été arrachée par la foudre et repose à côté. Dangereusement déséquilibré, ce monument vivant protégé par l’Unesco menace de perdre son dernier bras à la prochaine tempête.

Nous nous postons après les quelques habitations. Vautours, couple de buses, épervier, et même couple de circaètes : gâtés ! Le tout dans un décor d’une grande beauté, cette fois encore. La dernière heure, Christian descend la falaise d’un côté (le fou !), Ray et Julie vont de l’autre bord (moins abrupt) ; je reste en haut à observer les oiseaux qu’ils pourraient faire décoller à leur passage. Que j’aime ces journées sur le terrain ! Et le travail avec Christian, si avide de partager sa passion… je capte tout ce que je peux, m’efforce de ne pas en perdre une plume.

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Martinšćica

Nous partons ce matin vers le sud. Après être passées chercher Christian à Predošćica nous déposons Michelle près d’Orlec, d’où elle suivra toute la journée des lignes de pylônes électriques à la recherche de traces de rapaces. Nous poursuivons la route vers la côte sud-ouest, nous arrêtant de temps à autres sur le bas-côté pour observer un rapace. J’admire l’oeil observateur et la passion communicative de Christian. Bonheur que de travailler avec lui. Nous avons la chance de voir deux buses au-dessus de la route en lacets, toutes proches. Elles montent peu à peu dans le ciel azur puis disparaissent de l’autre côté de la colline. Village sur les hauteurs, peu après Martinšćica. Sonia et moi marchons un peu dans le maquis, cherchant les trouées dans les murs de pierre, jusqu’à atteindre le sommet. Une magnifique vue s’offre à nous, sur la baie en contre-bas, et surtout sur les collines alentours d’où nous observerons de nombreux oiseaux. Nous ne sommes pas trop de deux ! Plusieurs vautours fauves, quelques faucons crécerelles, et surtout un aigle royal. En fin de matinée, le soleil arrive, et avec lui une brume de chaleur qui diminue nettement la visibilité.

Vers 14 heures, je quitte Sonia et redescend au village. De là, je suis la ligne de pylônes jusqu’à ce qu’elle récupère la route un peu plus bas. Follow the line… Facile à dire ! Murs de pierres à escalader, jardins en contre-bas, dévers, buissons d’épineux, pierriers… le tout sur un dénivelé de petite montagne. C’est impressionnant de voir où, avec un peu de détermination, nous sommes capables de nous frayer un chemin ! Pas de traces d’oiseaux au pied des pylônes. Plusieurs serpents se glissent entre deux pierres à mon approche. Rassurant de savoir qu’ils ne sont pas venimeux. Sonia me rejoint un peu plus tard sur la route, nous attendons Christian au soleil.

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Orlec

Bacon au petit déjeuner. Sympathiques réminiscences québécoises. 8 heures, je pars avec Sonia vers le sud de l’île. Petites routes sinueuses entre mer et montagne. Forêt verdoyante. En face, à l’est, nous distinguons les îles de Krk et Plavnik. La mer est argentée, paisible. En allant vers le sud, la forêt laisse place à des paysages plus secs. La sauge recouvre les versants d’une belle couleur violette. Un peu avant Orlec, nous laissons la Lada et poursuivons à pied. Indications de Christian, l’ornithologue qui travaille avec l’association : nous devons passer par-dessus une barrière. Barbelés renforcés par des branchages d’if séché : tout ce qu’il y a de plus agréable à enjamber ! Nous découvrirons un peu plus loin un chemin qui nous aurait permis d’arriver exactement au même endroit… Pourquoi faire simple ? Nous marchons plus d’une heure à la recherche d’un terrain assez haut et dégagé, nous offrant une vue intéressante sur les sommets environnants. Observation requiert patience. Il nous faudra une heure supplémentaire avant de voir nos premiers vautours. Sonia, après un virage professionnel à 180° et quatre ans de volontariat en Israël, a beaucoup à raconter. Une carcasse a dû attirer l’oeil des vautours affamés, nous en observons 31 tournoyant au-dessus du même site ! Un aigle royal se joint à la fête. Christian travaille notamment sur les limites de territoire des rapaces de l’île : aigles, circaètes, bondrées, faucons, buses et bien entendu vautours, tous y passent. Fin de journée à Beli, je suis claquée ; il est à peine 21 heures quand je m’écroule.

Ce matin nous repartons pour Orlec avec Sonia et Dan, un Américain du groupe arrivé hier soir. Deux autres Français sont également arrivés. Cette fois nous traversons le village, et nous nous arrêtons au bout de la route. Installés à côté du parking, nous avons une magnifique vue sur la mer argentée, les îles voisines et la falaise. Falaise où est installé un nid d’aigle royal, dont nous espérons voir un habitant ce matin. En vain. Choucas et goélands passent à proximité du nid sans être pourchassés ; étrange. Nous observerons quelques vautours qui se détachent nettement sur le ciel légèrement brumeux, un faucon crécerelle en chasse et quelques cormorans. Belle matinée. L’orage d’hier a rafraîchi l’air ; le tonnerre gronde encore sur Krk. Fin de matinée, des gens se dirigent vers la plage. Les oiseaux disparaissent. Après-midi avec Sonia à l’exposition ; le soleil revient.

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