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Le Grand Retour de la Nature

Provocation ? Utopie ? Hurluberlu qui cherche à se voiler la face où à endormir les braves gens ? A l’heure où les plus grands, comme Gilles Bœuf, n’hésitent pas à évoquer un sixième épisode d’extinction massive des espèces*, le titre peut sembler loufoque. C’est pourtant celui qui a été retenu pour le 7ème salon de l’Écologie qui s’est déroulé du 5 au 7 novembre 2015 à Montpellier.

Alors, un brin provocateur le salon de l’écologie ? Ou exercice pédagogique d’équilibriste imposé aux étudiants organisateurs ? Sûrement un peu des deux…

De ce salon on retiendra d’abord le retour ou l’expansion de certaines espèces, en particulier animales. L’image du loup qui fait couler tant d’encre, est bien sûr la première qui vient en tête. Heureuse surprise, son évocation comme celle des autres grands prédateurs présents sur le territoire français (ours, lynx), suite à la diffusion du documentaire Des Bêtes et des Hommes de Michel Tonelli, n’a pas cristallisé les débats. Le retour du loup sur les territoires français a simplement été constaté, de même que le fait que nous n’y sommes pas préparés. Il apparaître qu’être « pour » ou « contre » ne sert pas à grand chose, les solutions ne se trouveront que dans le compromis : nous devons apprendre à faire avec et travailler ensemble du mieux possible pour que la présence du prédateur soit supportable par tous.

Mais le loup n’est pas seul à étendre son aire de répartition. Les populations de cervidés ont fortement augmenté ces 25 dernières années dans les pays occidentaux. En France, les populations de cerfs ont été multipliées par 5, de mouflons par 6, de daims par 8, etc. Quant aux sangliers, dans le même intervalle de temps le prélèvement de chasse annuel a plus que quintuplé. Cette augmentation des populations d’ongulés n’est pas sans poser problèmes, qu’ils soient sanitaires (développement des tiques, porteuses de maladies) ou environnementaux (pression sur le renouvellement des ligneux et donc sur la régénération des espaces boisés). D’où, d’un point de vue purement biologique, un intérêt au retour des grands carnivores…
moustique
Autre espèce, autre problème : l’expansion du moustique tigre, vecteur de nombreuses maladies transmissibles à l’homme dont la dengue.
En ville, la nature avance grâce notamment à un changement dans les pratiques des collectivités : pissenlits et autres laiterons viennent fleurir nos trottoirs sous l’œil tantôt réprobateur, tantôt indifférent des passants.
Pendant ce temps, les chercheurs testent l’intérêt de mélanger espèces et variétés différentes dans une même culture pour augmenter leur résilience face à des aléas météorologiques de plus en plus difficiles à prévoir.Au-delà des paramètres écologiques, le retour de la nature soulève d’intéressantes questions relatives à son acceptation socio-culturelle. Le retour de la nature, quand il ne passe pas inaperçu, dérange, effraye, perturbe, ou pour le moins, interroge. Le retour des grands carnivores provoque parfois une sensation d’invasion hostile : ils reviennent « chez nous ». En ville, le développement de végétation spontanée est souvent mal perçu ou incompris. Cela fait sale, désordonné. Non maîtrisé. Ou alors cette végétation est purement et simplement ignorée. Or la nature est toujours présente, prête à occuper le moindre interstice et il suffit de relâcher à peine la pression pour qu’elle s’installe ou se réinstalle, d’une fissure dans un trottoir pour voir la végétation réapparaître. Echo à notre tradition judéo-chrétienne de possession et de maîtrise de la nature ? Quoi qu’on fasse pourtant, elle perdura, reviendra. Il semble même qu’elle nous survivra. Peut-être justement est-ce cela qui inquiète ?

Le degré d’acceptation sociale du retour de la nature dépend néanmoins de s’il est choisi ou subi, de l’échelle de territoire étudiée (local / national), des espèces concernées (la réaction est très différente s’il s’agit d’un grand carnivore, d’un ongulé chassable, d’une espèce végétale qui passe inaperçu, ou d’un animal comme la loutre qui attire plus aisément la sympathie du grand public), et évidemment des acteurs à qui l’ont pose la question. Il est évident que derrière le retour d’une espèce, en particulier animale, se posent aussi des enjeux de conflits d’usage (élevage/chasse/tourisme…). L’acceptation socio-culturelle du retour de la nature est également influencée par le dialogue entre acteurs et/ou des programmes de sensibilisation du grand public.

retour nature

Mais le point d’orgue des discussions et peut-être le plus positif de ce salon est sûrement celui-ci : une nature revient, pas nécessairement celle que l’on attendait et pas toujours de la manière que l’on souhaitait. Cela nécessite des adaptations mais aussi une certaine cohésion et un travail conjoint pour trouver de nouveaux modes de fonctionnement qui permettraient de s’en accommoder. Alors au final, est-ce que le retour de la nature ne serait pas l’opportunité pour l’Homme de s’améliorer, de progresser, en un mot : d’évoluer ?

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Un peu plus sur le salon : Le salon de l’écologie est organisé depuis 2009 par les étudiants du master Ingénierie en Écologie et Gestion de la Biodiversité (IEGB) de l’Université de Montpellier. Destiné aux étudiants, aux professionnels de l’écologie mais aussi au grand public, il permet de rencontrer de nombreux chercheurs, ingénieurs et techniciens spécialistes des problématiques écologiques. Entre expositions, tables rondes, projections et conférences il est l’occasion pour chacun de se faire une idée sur les problématiques environnementales actuelles.

Vous avez loupé l’édition 2015 ? Les actes devraient sortir d’ici la fin de l’été. Et n’oubliez pas de réservez vos dates pour le salon 2016, il aura lieu début novembre et son organisation a déjà débuté !

Le site du salon de l’écologie
Bilan du salon 2015 en image
Le salon de l’écologie sur HappyTV

*lire à ce sujet La 6ème extinction – Comment l’homme détruit la vie d’Elizabeth Kolbert (Prix Pulitzer), paru en août 2015 aux éditions de la Librairie Vuibert

Article écrit à partir des conférences du vendredi soir et du samedi matin, en co-écriture avec la voisine du blog « Du fond du chaudron aux étoiles« 

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Une saison sur les rives du lac de Montbel

Peu de voyages ces temps-ci même si l’envie est toujours présente, mais peut-être est-ce aussi parce que je me régale à découvrir et faire découvrir mon coin de pays… Chaque jour me prouve que je ne l’ai pas choisi au hasard.

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Cheval et Nature

Cet été je poursuis ma formation ATE au Centre équestre de Léran avec la partie pratique. Pour la saison, les chevaux quittent les écuries et s’installent dans la forêt, sur les rives du lac de Montbel qui offre un excellent terrain de jeu entre Aude et Ariège pour des balades d’une heure à la demi-journée et un point de départ pour des randonnées de plusieurs jours.

Pour le cadre : un lac de 600 hectares aux couleurs de lac canadien où il fait bon se baigner (y compris avec les chevaux), les Pyrénées en arrière-plan, et une belle forêt de feuillus fort appréciée par temps chauds.

Une bonne équipe avec une alternance de nuits sur place en caravane et la proximité avec d’autres voisins saisonniers me rappellent que j’aime ce rythme de la saison estivale, entre journées de travail bien remplies et atmosphère humaine détendue qui ferait presque croire à des…

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Incursion à la découverte de l’Amazonie

7 heures. J’attends Alexandra, la guide rencontrée hier, devant son agence. A la minute où je suis entrée dans son bureau en quête d’informations, le courant est passé. Contact jovial. Je sens que cette journée va me plaire…

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Cheval de bât dans la communauté Shuar de Nueva Esperanza

Le bus censé nous emmener dans la communauté Shuar d’où commence l’excursion ne vient pas ; nous prenons un taxi qui se transforme vite en taxi collectif. Après une demi-heure de route, nous voici à l’entrée de la communauté Shuar de Nueva Esperanza. Atmosphère où je me sens bien : mode de vie rural, végétation alentours, enfants rieurs… J’aime. Nous voici invitées pour le petit déjeuner chez le frère d’Alexandra… j’ai déjà pris le mien, mais ça ne se refuse pas. Réminiscences africaines ? Pas loin.

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Des vertes, et mûres !

Nous entamons la marche dans la forêt qui borde le village, jusqu’à atteindre la rive du rio Yuquipa que nous traversons en pirogue.

DSCF9049Sur l’autre rive, 30 hectares de forêt primaire protégée. Explosion de végétation. Nous marchons encore un peu dans ce décor grandiose qui me fait comprendre la passion de certains pour les forêts tropicales, avant d’arriver dans une clairière en bordure du rio.

Bienvenue dans la casa Shuar traditionnelle ! Bois, palme et terre battue. Et quelle fraîcheur à l’intérieur, quand dehors la température doit dépasser les 30°C ! Ciel bleu, soleil, chaleur… Nature époustouflante et calme si reposant. Perturbé seulement par le chant des oiseaux et par les rares avions qui survolent la forêt en direction des communautés les plus reculées, au-delà de la Cordillère du Cutucú. Tellement ressourçant !

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Casa Shuar traditionnelle

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DSCF9027Poursuivons par une balade sur le thème des plantes comestibles et médicinales : sujet inépuisable dans une telle forêt ! Goûtons des fruits en tout genre dont je ne retiens pas les noms qu’Alexandra me donne en langue Shuar. J’ai un faible pour cette cousine de la canne à sucre qui produit une eau citronnée et sucrée : limonade en tige !

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Forêt primaire

Retour à la cabane où nous nous régalons d’un repas traditionnel : poulet, manioc, plantain… et surtout coeurs de palmier frais !

Le frère d’Alexandra nous rejoint pour une virée en pirogue sur le rio Yuquipa. Je suis aux anges. La confluence des rios Yuquipa et Chictimi forme une petite île de graviers où nous nous arrêtons le temps d’une baignade. Je crois rêver : je nage dans une rivière d’Amazonie ! Cela semble presque irréel.

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Un enfant Shuar joue dans le rio Yuquipa.

Retour sur la terre ferme pour grimper la colline. D’en haut, superbe vue sur les forêt environnante. Océan de verdure.

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Barrant l’horizon, la cordillère du Cutucú

Nous rentrons vers la communauté, puis à Macas toujours en taxi collectif. Yuminsame Alexandra, pour cette journée inoubliable, l’une des meilleures de mes 6 mois passés en Equateur.

Cette expérience a donné lieu à un article publié dans le n°141 de Globe-Trotter Magazine, le magazine de l’association Aventure du Bout du Monde.

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Marais guérandais en hiver

Balade dans les marais salants sous la lumière d’une fin de journée hivernale.

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