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Dernier weekend à Arad

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Cigogne blanche

Samedi, fin d’après-midi. Je me décide à aller photographier les nids de cigognes à Zădăreni. Je prends avec la moi la tente et de quoi
camper, on ne sait jamais quelle idée pourrait me passer par la tête en longeant la Mureş. A Zădăreni, je passe devant l’école d’équitation. Anton et sa femme sont là, c’est l’heure de l’apéro. Je me joins à eux avant de reprendre mon vélo. Je rejoins la rivière et trouve un endroit propice pour la nuit, non loin de là où Marion avait planté sa tente début mai. Je m’apprête à pique-niquer, partagée par l’existentielle question « tente ou belle étoile ? », lorsque je reçois un message de Gabi : virée en canoë demain, départ vers 5-6 heures du matin. Changement de programme ! J’enfourche à nouveau mon vélo et rentre au centre dans la lumière du crépuscule. Plein d’oiseaux, hirondelles, guêpiers, hérons, cigognes et même un couple de buses à quelques dizaines de mètres. Des grenouilles, et Monsieur Hérisson rencontré au milieu d’un champ de blé. Finalement je ne serai même pas rentrée dans le village de Zădăreni.

Dans la journée, nous sommes passés en vélo dans le hameau Rom situé entre la forêt et l’entrée d’Arad. Etonnant (ou pas) comme ces maisons de bois aux toits de tôles et ces rues ensablées me font penser au Bénin. Le sable n’est pas rouge, certes. Etonnant aussi (ou pas) comme je m’y sens bien. Aucune agressivité digne des histoires que j’ai pu entendre, mais des regards curieux et des sourires. Peut-être apprécient-ils simplement qu’on leur porte un peu d’intérêt sans préjugés ?

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Crépuscule sur la Mureş

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Calopteryx

5 heures, après une très courte nuit je suis prête à partir. Nous chargeons le canoë sur la voiture et partons avec Gabi en amont d’Arad, entre Păuliş et Lipova. Première mise à l’eau de la journée, un rapide aller-retour jusqu’à une berge habitée par des castors. Gabi me regarde : « tu sais à quoi je pense ? » Réponse : « A aller et revenir à contre-courant ? Ben oui ! » Bien sûr. Rien de bien compliqué à pagayer quelques centaines de mètres contre le courant. Suite de la matinée à faire la sieste sur la berge. Ok, mais moi je veux pagayer sur la Mureş ! Angela et des amis nous rejoignent, Gabi et moi repartons (enfin !) avec le canoë vers l’amont. Pas facile de trouver un accès à la rivière, nous portons le canoë sur un chemin qui semble longer la Mureş sans jamais la rejoindre. Nous perdons patience et décidons de couper à travers les broussailles. Enfin sur l’eau ! La rivière est plus sauvage ici qu’en aval d’Arad, entourée de jolies collines. Des traces, mais pas de castor.

Retour au parc avec les amis de Gabi qui m’y déposent. Il s’est mis à pleuvoir des cordes. Ovidiu fête son anniversaire ce soir, c’est pourquoi je souhaitais rentrer de bonne heure.

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Lunca Mureşului : semaine 6

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Nids d’hirondelles de rivage

Enfin une nouvelle sortie en canoë ! C’est qu’elle n’aura pas été facile à mettre sur pieds. Six heures sur la Mureş à la recherche des traces des castors, sous un chaud soleil estival. Un castor plonge juste devant nous depuis la berge, nous attendons de le voir ressortir… en vain. Avec Gabi, nous discutons et plaisantons comme toujours. Plus je passe de temps avec lui et plus je l’apprécie. En outre notre duo de canoëistes fonctionne plutôt bien. Pas besoin de paroles pour savoir que faire ni où aller. Agréable. Nous passons devant les deux colonies de guêpiers d’Europe et d’hirondelles de rivage : des centaines de nids et autant d’oiseaux qui tourbillonnent et virevoltent autour de nous. Magique ! En arrivant à Pecica, nous confions le canoë au responsable du bac et nous traversons le village pour rejoindre la route et nous rentrons à Arad en microbus.

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Insula Mureş III

DSCF0428---CopieSeconde virée sur la rivière pour cette semaine. Cette fois, c’est avec Ovidiu et le petit canot pneumatique. Autant dire que les coups de pagaie sont légèrement moins efficaces ! Nous partons de Pecica et descendons la rivière jusqu’aux alentours du monastère de Bezdin. A cet endroit la Mureş est truffée de méandres et d’îlots boisés. La partie amont était ainsi autrefois, avant que son cours ne soit modifié pour protéger la plaine contre les crues. Peut-être aussi parce que nous nous éloignons d’Arad, ici la rivière paraît plus sauvage, ce qui n’est pas pour me déplaire. Plusieurs bihoreaux gris s’envolent à notre approche. Peu après Bezdin, nous cachon le canot dans les broussailles et regagnons le bac de Pecica à pied. Deux petites heures de marche dans la forêt ; nous observons daims et sangliers sur le chemin. Traversée de la Mureş en bac pour clore la journée.

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Îlot sur la Mureş

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A bord du bac de Pecica

 

 

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Lunca Mureşului : semaine 2

Semaine plus posée que la précédente car avec plus de journées au bureau.

En début de semaine, des étudiants de six pays européens viennent travailler au parc sur un projet de développement durable. Ça m’aurait plu ! Je peux enfin aider Ovidiu avec ses questionnaires sur la fréquentation du parc, pour une fois que les interlocuteurs ne sont pas Roumains. J’échange notamment avec un étudiant Luxembourgeois qui préfère le français à l’anglais. Après bien quinze minutes de conversation, un de ses copains s’étonne à mon égard : « Mais comment ça se fait que tu parles français ? »…

Nouvelle invitiation à un barbecue. Un tous les deux jours, je veux bien continuer à ce rythme ! Cette fois c’est à l’occasion de l’anniversaire de la fille du directeur.

 

Mercredi, 5h30, debout. Ce qu’on ne ferait pas pour quelques petites bêtes ! En l’occurence, il s’agit des castors qui ont été réintroduits dans la région en 2002. Depuis, la population augmente régulièrement, y compris en plein coeur d’Arad. Avec Gabi, nous partons à leur recherche, en canoe sur la Mureş. Le courant passe vraiment bien avec lui. Nous alternons discussions agréables et moments de calme à l’écoute de la nature. Guêpiers, martin-pêcheurs, hirondelles, faucons, petits gravelots, aigrettes et hérons sont de sortie.

Je retrouve le plaisir de pagayer, dont je n’ai pas perdu les réflexes. La Mureş est large, plate, mais avec un débit important. Régulièrement nous nous rapprochons de la berge où nous observons plusieurs terriers et autres traces du passage des castors. Le soleil commence à chauffer pour de bon, rien à voir avec les 7 degrés du matin. Ces variations extrêmes de température, tout comme la météo maussade à mon arrivée, sont inhabituelles ici à cette saison. Après avoir traversé la ville, nous passons le chantier de l’autoroute censée relier la Mer Noire au reste de l’Europe. Gabi plaisante (jaune) : « peut-être que dans 50 ans ils auront terminé »… Des cables en travers nous obligent à débarquer pour les contourner. Nous enfonçons dans la vase. Miam !

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Aigrette garzette

Nous entrons dans le territoire du parc. Filets de pêche des braconniers un peu partout. Difficile de les prendre sur le fait étant donnée la superficie du parc et le peu de moyens à disposition. Un nid habité ! Un castor ! Il se prend dans un filet posé juste à coté. Il aura sans doute eu la peur de sa vie, mais surtout de la chance qu’on soit présents à ce moment là. Séance sauvetage de castor et séquence émotions. Que j’aime les biologistes quand ils se retrouvent enfin face à l’animal qu’ils cherchent ! Entre excitation, frénésie… et la frustration de ne pas le voir plus près, plus longtemps. Le temps d’une photo. En cet instant Gabi me fait penser à Christian, l’ornithologue avec qui nous travaillions en Croatie.

 

Nouvelle discussion avec Tom. Les discussions avec lui sont bénéfiques car il voit comme moi les petites choses qui mériteraient d’être ajustées. Concernant la signalisation des chemins de rando, par exemple. C’est en effet si clair lorsqu’on a une carte, qu’on entre dans le parc à Arad… et qui plus est quand on connait ! Mais le parc est grand, et quand on y entre à un autre endroit, les informations se font plus discrètes. Nous l’avons constaté avec Marion, les chemins sont très bien balisés, mais sans légende comment connaître la signification de ces balises ? Principal obstacle : le budget, cette fois encore.

Je me sens bien, chez ces Roumains accueillants et curieux. Dimanche encore, un type est sorti de son jardin et est venu jusqu’à moi sur le chemin pour me saluer et me proposer un peu d’eau en me voyant passer à vélo.

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Lunca Mureşului : semaine 1

Lundi

Virée en vélo dans la forêt vers la zone de protection intégrale de Zădăreni, emplacement du futur circuit d’interprétation. Le chemin est bien boueux après la pluie d’hier, je m’amuse comme une gamine. Paisible forêt. Plus j’y passe du temps et plus j’apprécie cet endroit. C’est une bonne chose, car les premières impressions n’étaient pas des plus positives. Les arbres bruissent d’oiseaux qui semblent ne jamais se taire. Que j’aimerais les reconnaître à l’oreille ! Un martin-pêcheur passe au raz de l’eau.

Retour au centre, il est 18 heures. Plus personne. Enfermée dehors ! C’est malin, et le premier jour évidemment… Je fais le tour des portes du bâtiment. J’ai heureusement le numéro d’Ovidiu sur un bout de papier au fond d’une poche, puisque pour couronner le tout je n’ai pas mon téléphone avec moi. J’en empreinte un à un promeneur (ou comment se faire connaître du quartier en un rien de temps). Appeler Ovidiu, parti pour la semaine, qui appelle Gabi qui revient m’ouvrir. J’ai l’air fine ! Je me confonds en excuses, il me répond le plus simplement du monde « tu peux m’appeler n’importe quand et pour n’importe quoi ». Et de me demander évidemment quels oiseaux j’ai pu observer sur ma route.

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La rivière Mureş et le clocher de Zădăreni

 

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Cigogne blanche

Mardi

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Hameau de l’Insula Mureş III. Ici, on ne s’embête pas avec les noms de rue. Ou au contraire, peut-être est-ce la même histoire qu’à Pecica, petite ville voisine où Roumains et Hongrois, ne parvenant pas à se mettre d’accord, ont fini par numéroter les rues.

En route pour l’observation des pygargues. Traversée du pont en bois qui mène à l’Insula Mureş III. Quelques habitants de ce hameau vivent ici à l’année. Cigogne dans un champ à la sortie du village. Après une petite heure de vélo entre les champs, j’arrive à mon point d’observation. Pas de pygargue ce matin, mais une buse que je soupçonne de nicher dans un grand frêne sur la rive d’en face. Et hérons, aigrettes et hirondelles de rivage.

 

Mercredi

Prospection de nids d’hirondelles de rivage depuis la rive nord, en face de mon poste d’observation de la veille. A travers la forêt, le vélo ne m’est pas d’une grande utilité, le sentier n’a pas été entretenu depuis un bon moment. Je profite donc de mon passage pour le débroussailler. Après quelques péripéties dans les broussailles (le sentier s’arrête net à la sortie de la forêt) j’arrive enfin sur la berge.

Retour au Centre, tout le monde est parti. Mais cette fois, j’ai la clé !

 

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Monastère serbe de Bezdin

Jeudi

Journée complète sur le terrain. Quelques observations intéressantes (busard des roseaux, vanneaux huppés, cigognes, hérons, buses…), mais surtout l’occasion de faire connaissance avec les collègues et de visiter le parc jusqu’à son extrémité ouest. Et pour en ajouter à cette belle journée, le soleil est revenu. Traversée de la Mureş avec le bac de Pecica et route jusqu’à Cenad. Paul, le directeur du parc, est monté sur le toit d’un bâtiment et me nargue pour le panorama dont il profite… jusqu’au moment de redescendre : coincé ! Il faut approcher le pick-up pour lui faire marche-pied. Il prend les choses avec sérénité et amusement. Nous, on s’amuse tout autant ! Did you enjoy my little adventure ? 

En repartant, nous suivons un type rencontré à bord du bac d’Igriş : il a fait creuser un bassin de pêche sportive dans le parc, avec l’autorisation de la direction de l’eau d’Arad… mais sans avoir jamais demandé la permission au parc. Romanian style… Le contexte expliqué par Gabi, le biologiste de l’équipe, m’aide à saisir l’essentiel de la discussion suivante, bien qu’en roumain. Ce gaillard nous invite à boire une bière chez lui, Paul insiste pour lui signaler qu’ils règleront le problème… en restant professionnels.DSCF0016bis

Passage à Pecica. Une légende dit que qui boiera l’eau de la fontaine ne quittera plus jamais Pecica…

Il y a vraiment de beaux endroits dans ce parc, bords de rivière, champs d’iris sauvages, roselières, monastère serbe au milieu de nulle part… une multitude de trésors.

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Roms à Pecica

 

Vendredi

Discussion avec Tom, volontaire américain de Peace Corps. Il me parle de ses projets (architecture), me montre ses plans, et la mini-Mureş en 3D commencée dans la cour. Joli projet, en suspends pour manque de fonds. Il n’y a pas qu’en Afrique…

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Coronelle lisse qui lézarde au soleil (pas peur Maman, c’est une couleuvre !)

Visite du sentier d’interprétation… dont il ne reste que deux panneaux intacts sur dix, les autres ayant été vandalisés.

Sur le trajet à travers la forêt vers Arad, un petit vieux sur le bord de la piste entame la conversation. Je lui baragouine mes trois mots de roumain, il saisit que je ne parle pas la langue. Raison de plus pour continuer la conversation ! Je devine qu’il a passé du temps en Pologne, et que c’est à force d’entendre qu’il a fini par comprendre le polonais. Du coup il me parle, il me parle… pour que je m’habitue et que je finisse par comprendre le roumain. Quelle attention !

 

 

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Premier weekend au parc naturel Lunca Mureşului

DSCF9944En ce weekend de 1er mai, le parc est particulièrement fréquenté. Il faut croire que tout Arad s’y est donné rendez-vous. Camping et barbecue, chaque voiture avec la sono à fond bien entendu. Dans ce contexte et sous la grisaille et la pluie qui arrivent le samedi en fin de journée, difficile d’accrocher d’emblée avec un endroit qui se voudrait paisible.

Les variations de température entre le jour et la nuit, entre le soleil et la pluie, sont assez marquées. Quelques heures plus tôt, je profitais en effet d’un chaud soleil sur la terrasse. Premier tour en vélo avec deux volontaires du coin qui distribuent un questionnaire dont l’objectif est d’analyser la fréquentation touristique du parc. Je ne suis pas d’un grand secours car tous nos interlocuteurs sont Roumains, mais connaissant le contenu je devine grosso modo les conversations.

Suite de l’après-midi avec Ovidiu et deux gendarmes pour une patrouille en voiture dans les zones les plus fréquentées. Ça ne rigole pas : 1500$ l’amende pour entrer dans la forêt en voiture, somme exorbitante pour bon nombre de Roumains. En réalité les quelques personnes que nous délogeons y échappent. En revanche, pour les détritus laissés un peu partout, c’est une autre histoire. Il y a du boulot avant que tous ramassent leurs poubelles en quittant les lieux. Néanmoins les choses semblent s’améliorer peu à peu.

Je m’aperçois que le parc est plus grand que je ne l’imaginais. Crée en 2005, il s’étend tout en longueur, sur près de 90 kilomètres autour de la rivière Mureş jusqu’à la frontière hongroise. Il est couvert pour moitié d’une belle forêt de hêtres, chênes, et peupliers en bordure de rivière, dont la gestion est assurée par Romsilva, équivalent roumain de l’ONF. La Mureş est la rivière la plus importante de Roumanie. Après 700 kilomètres elle se jette en Hongrie dans la Tisza, elle-même affluent du Danube dont l’estuaire se trouve… en Roumanie.

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Dimanche tranquille type « dimanche pluvieux ». Agrémenté du traditionnel barbecue du 1er mai, l’occasion d’un repas avec tous les collègues. Curieuse sensation que d’être à cette tablée dont je ne comprends capte rien, si ce n’est quelques mots ici et là.

Excellente soirée en ville avec Cristian, couchsurfer d’Arad qui m’a contactée en me voyant dans les environs. Encore un jeune Roumain qui veut quitter le pays et faire sa vie ailleurs. Pourquoi pas en France. Super contact, et un weekend dans les Monts Apuşeni semble se dessiner pour les prochaines semaines…Couchsurfing is an amazing network.

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De Bucarest à Arad

Le train tant attendu entre enfin en gare. Je me joins à Micea, Sabi et Fabriz, trois jeunes de Bucarest qui se rendent à Deva pour un festival de musique techno. Je suis et mon intuition, et les conseils de mon interlocuteur du soir : éviter de voyager seul pour dissuader les éventuels pick-pockets. Voyage sans encombre, agrémenté d’une nuit de sommeil en discontinu comme il se doit, à bord d’un train du type de nos vieux trains Corail et qui mettra près de 11 heures à parcourir les quelques 600km jusqu’à Arad. Lever de soleil sur les Carpates méridionales, belles vallées verdoyantes dont les reliefs s’estompent à mesure que nous rejoignons la rivière Mureş. Les petits champs labourés à la charrue animale laissent place à de grandes étendues de colza en fleur.

Arad : je devrais passer les deux prochains mois juste à la sortie de la ville, dans le Parcul Natural Lunca Muresului (comprennez : parc naturel de la plaine inondable de la rivière Mureş).

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