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Bondy, le petit âne gris qui traverse l’Europe

Lever matinal. Me voilà partie rejoindre Marion, Française qui était en wwoofing dans les environs de Făgăraş, dans le centre du pays, depuis près d’un an et qui rentre à La Rochelle à pied, avec son âne et son chien.

Une heure de vélo vers Zădăreni, dans l’agréable lumière du petit matin. Je traverse la Mureş sur la passerelle en bois qui mène à l’Insula Mureş III, puis le hameau et je poursuis vers Zădăreni en contournant les champs. J’entre dans ce village dont j’avais aperçu le clocher dès lundi dernier depuis l’autre rive. Je longe le canal qui borde le village, la carte indique qu’il s’interrompt sur tout juste 200 mètres… Saleté de chien ! La plupart aboient férocement en restant à l’écart, mais celui-ci, je ne le sens pas. C’est un chien qui interrompt le sentier. Soit. Je contourne quelques terrains avant de le retrouver, et de déboucher… sur un gué, infranchissable avec le vélo et le sac sur le dos. Marion dans son message m’avait bien parlé d’un pont ! Je le trouve un peu plus loin et arrive enfin sur les bords de la Mureş où Marion avait dressé son campement pour la nuit.

DSCF0062bisJe fais connaissance avec mes équipiers du weekend : Marion, son chien Djinn et son âne Bondy. Nous levons le camp, l’âne prend la tête avec allant ce matin. Avec Marion, nous parlons de la Roumanie, de nos expériences de voyages en tous genres, de souvenirs équestres, de tout et de rien… Vraiment sympa. Pendant ce temps, un pas après l’autre, nous progressons vers l’Ouest. Sur terrain plat, cela se fait sans trop d’efforts. De temps à autre, Bondy bifurque et Marion lui court après pour le remettre sur le chemin. De quoi pimenter un peu le parcours ! Nous faisons halte pour le pique-nique à proximité du bac de Pecica. Nous repartons en suivant la digue qui délimite le parc et sur laquelle passe le E7, sentier de randonnée européen qui emmène jusqu’au Portugal. Enfin théoriquement, car les informations sur son parcours ne sont pas toujours faciles à obtenir. Nous passons par Bezdin où nous profitons du monastère pour reprendre de l’eau. Deux busards et une buse, observés aux mêmes endroits que jeudi. Nous dressons la tente sous les arbres peu avant la fin de la zone forestière. Feu de camp, mămăliga (la polenta roumaine) avec carottes et fromage : bon et roboratif, l’idéal du randonneur. Nuit sous la tente, Djinn couché sur nos pieds. Nous bavardons et rions jusqu’à tard. Sensation d’être en compagnie d’une bonne vieille copine.

DSCF0067bisFinalement, malgré mon peu d’équipement et les températures nocturnes (il y avait du givre dans les champs hier matin), je n’ai pas eu froid de la nuit. Petite pluie du matin. Elle se sera dissipée le temps qu’on lève le camp. Nous reprenons la route, suivant encore la digue vers l’ouest, Bondy toujours devant quoi que plus molisson ce matin. Il traînerait bien à brouter ici ou là. Nous pique-niquons sur le bord du chemin aux environs de Semlac. Une fois Bondy de nouveau chargé, il est temps pour moi de rentrer. J’ai une demi-journée pour effectuer à vélo en sens inverse le chemin que nous avons parcouru depuis hier. Bonne route Marion, peut-être se retrouvera-t-on en Hongrie la semaine prochaine… ou sur les chemins de France en septembre !

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Le monastère serbe de Bezdin

 

Retour sur la digue, à vitesse peu élevée à cause de l’herbe qui me ralentit. Il me faudra au total 4 heures pour rentrer. Autour, c’est la vaste plaine d’Europe centrale qui débute et dont Marion va traverser quelques kilomètres. Fenlac : je traverse le village et récupère la route. Marre de cette digue sur laquelle je n’avance pas. Je retrouve les chemins après Zădăreni pour traverser la rivière. J’arrive au Centre, Olliver m’invite à me joindre au barbecue qu’il prépare avec ses potes. Malgré la fatigue, ça ne se refuse pas !

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Lunca Mureşului : semaine 1

Lundi

Virée en vélo dans la forêt vers la zone de protection intégrale de Zădăreni, emplacement du futur circuit d’interprétation. Le chemin est bien boueux après la pluie d’hier, je m’amuse comme une gamine. Paisible forêt. Plus j’y passe du temps et plus j’apprécie cet endroit. C’est une bonne chose, car les premières impressions n’étaient pas des plus positives. Les arbres bruissent d’oiseaux qui semblent ne jamais se taire. Que j’aimerais les reconnaître à l’oreille ! Un martin-pêcheur passe au raz de l’eau.

Retour au centre, il est 18 heures. Plus personne. Enfermée dehors ! C’est malin, et le premier jour évidemment… Je fais le tour des portes du bâtiment. J’ai heureusement le numéro d’Ovidiu sur un bout de papier au fond d’une poche, puisque pour couronner le tout je n’ai pas mon téléphone avec moi. J’en empreinte un à un promeneur (ou comment se faire connaître du quartier en un rien de temps). Appeler Ovidiu, parti pour la semaine, qui appelle Gabi qui revient m’ouvrir. J’ai l’air fine ! Je me confonds en excuses, il me répond le plus simplement du monde « tu peux m’appeler n’importe quand et pour n’importe quoi ». Et de me demander évidemment quels oiseaux j’ai pu observer sur ma route.

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La rivière Mureş et le clocher de Zădăreni

 

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Cigogne blanche

Mardi

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Hameau de l’Insula Mureş III. Ici, on ne s’embête pas avec les noms de rue. Ou au contraire, peut-être est-ce la même histoire qu’à Pecica, petite ville voisine où Roumains et Hongrois, ne parvenant pas à se mettre d’accord, ont fini par numéroter les rues.

En route pour l’observation des pygargues. Traversée du pont en bois qui mène à l’Insula Mureş III. Quelques habitants de ce hameau vivent ici à l’année. Cigogne dans un champ à la sortie du village. Après une petite heure de vélo entre les champs, j’arrive à mon point d’observation. Pas de pygargue ce matin, mais une buse que je soupçonne de nicher dans un grand frêne sur la rive d’en face. Et hérons, aigrettes et hirondelles de rivage.

 

Mercredi

Prospection de nids d’hirondelles de rivage depuis la rive nord, en face de mon poste d’observation de la veille. A travers la forêt, le vélo ne m’est pas d’une grande utilité, le sentier n’a pas été entretenu depuis un bon moment. Je profite donc de mon passage pour le débroussailler. Après quelques péripéties dans les broussailles (le sentier s’arrête net à la sortie de la forêt) j’arrive enfin sur la berge.

Retour au Centre, tout le monde est parti. Mais cette fois, j’ai la clé !

 

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Monastère serbe de Bezdin

Jeudi

Journée complète sur le terrain. Quelques observations intéressantes (busard des roseaux, vanneaux huppés, cigognes, hérons, buses…), mais surtout l’occasion de faire connaissance avec les collègues et de visiter le parc jusqu’à son extrémité ouest. Et pour en ajouter à cette belle journée, le soleil est revenu. Traversée de la Mureş avec le bac de Pecica et route jusqu’à Cenad. Paul, le directeur du parc, est monté sur le toit d’un bâtiment et me nargue pour le panorama dont il profite… jusqu’au moment de redescendre : coincé ! Il faut approcher le pick-up pour lui faire marche-pied. Il prend les choses avec sérénité et amusement. Nous, on s’amuse tout autant ! Did you enjoy my little adventure ? 

En repartant, nous suivons un type rencontré à bord du bac d’Igriş : il a fait creuser un bassin de pêche sportive dans le parc, avec l’autorisation de la direction de l’eau d’Arad… mais sans avoir jamais demandé la permission au parc. Romanian style… Le contexte expliqué par Gabi, le biologiste de l’équipe, m’aide à saisir l’essentiel de la discussion suivante, bien qu’en roumain. Ce gaillard nous invite à boire une bière chez lui, Paul insiste pour lui signaler qu’ils règleront le problème… en restant professionnels.DSCF0016bis

Passage à Pecica. Une légende dit que qui boiera l’eau de la fontaine ne quittera plus jamais Pecica…

Il y a vraiment de beaux endroits dans ce parc, bords de rivière, champs d’iris sauvages, roselières, monastère serbe au milieu de nulle part… une multitude de trésors.

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Roms à Pecica

 

Vendredi

Discussion avec Tom, volontaire américain de Peace Corps. Il me parle de ses projets (architecture), me montre ses plans, et la mini-Mureş en 3D commencée dans la cour. Joli projet, en suspends pour manque de fonds. Il n’y a pas qu’en Afrique…

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Coronelle lisse qui lézarde au soleil (pas peur Maman, c’est une couleuvre !)

Visite du sentier d’interprétation… dont il ne reste que deux panneaux intacts sur dix, les autres ayant été vandalisés.

Sur le trajet à travers la forêt vers Arad, un petit vieux sur le bord de la piste entame la conversation. Je lui baragouine mes trois mots de roumain, il saisit que je ne parle pas la langue. Raison de plus pour continuer la conversation ! Je devine qu’il a passé du temps en Pologne, et que c’est à force d’entendre qu’il a fini par comprendre le polonais. Du coup il me parle, il me parle… pour que je m’habitue et que je finisse par comprendre le roumain. Quelle attention !

 

 

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