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Bucureşti

Je quitte Oana-Roua sur le chemin de son travail, et je prends la direction de la Gara de Nord où je réussi, entre bribes de roumain et langage des signes improvisé, à réserver un billet pour Arad et à confier mon sac à la consigne. Je suis ainsi plus libre pour vadrouiller dans la ville.

Avenue rectiligne, immeubles de béton à l’architecture singulière et petits vieux sur les bancs. Je trouve un côté désuet dans le Bulevardul Unirii qui conduit au Palatul Parlementului (Palais du Parlement). Un peu comme si le temps s’était figé vingt ans plus tôt. Et à chaque coin de rue, des kiosques, marchants de fleurs.

Le Palatul Parlamentului ou le délire de Ceauşescu (qui pourtant n’en aura pas vu la fin du chantier). Il s’agirait en effet du deuxième plus grand bâtiment du monde après le Pentagone. Je n’en ai pas visité l’intérieur mais tout semble taillé dans la démesure : entre autres, des salles de 19 mètres de plafond et un tapis de 4 tonnes ! Il héberge aujourd’hui le Parlement roumain, le Sénat et la Cour constitutionnelle.

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Le Palais du Parlement ou la démesure

DSCF9915Je poursuis vers les quelques rues piétonnes du coeur historique, où je reste un moment. Coeur certes restreint en superficie, mais agréable et qui mériterait d’être étendu.

Je retrouve la même impression de désuetude au Parcul Cişmigiu où je passe la fin de l’après-midi. Allées bien rangées, bassin artificiel et les mêmes petits vieux sur les bancs dignes de clichés d’antan. Le tout à l’ombre (ou l’abri de la pluie) de grands frênes, chênes, marroniers en fleurs. Je me fais inviter à boire un thé à la buvette du parc par Marian, ingénieur hydroélectricien. Il ne parle pas un mot d’anglais, mais nous parvenons à échanger, entre ce que je devine de ce qu’il dit et les quelques mots appris dans l’avion.

Retour à la gare attendre le départ du train pour Arad. Envie de me poser et de me mettre au chaud, je n’ai plus l’habitude d’être sous les 20°C ! Encore un Roumain qui engage la conversation, et qui me prend pour une Espagnole. J’ai encore dû glisser un « un poco » ou un « como dice » ici ou là. Suite en anglais, c’est plus aisé pour une vraie conversation. La question des Roms semble au moins aussi problématique ici que chez nous. Mon nouvel interlocuteur blague « Sarkozy leur rend service, il leur fait économiser 300€ pour rentrer au pays ». Et l’évolution du pays depuis la chute du régime ? Avant, les gens étaient égaux. Aujourd’hui, il y a quelques riches qui achètent grandes maisons et grosses voitures, et les autres. Pour 70% de la population, la vie était plus facile avant. Maintenant c’est devenu difficile d’obtenir un prêt et d’être propriétaire de son logement. Mais avant c’était fermé. Aujourd’hui on peut voyager (mon interlocuteur est chauffeur routier).

C’est ainsi qu’après une journée en Roumanie je découvre un pays tiraillé entre des souvenirs contrastés du passé soviétique et un avenir tourné vers l’Europe occidentale, non moins partagé entre craintes et espoirs. C’est l’Europe, mais c’est aussi l’Est, et un peu le Sud.

Cette gare avec ses Minimarkets surchargés de sachets de chips et autres boîtes de cola me fait justement penser à un certain t  erminal… de Guayaquil.

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De Piriac à Bucarest

Météo estivale comme depuis le début de ce mois d’avril. A cela s’ajoute l’ambiance de vacances propre à Piriac et à la Presqu’île en plein été. Sur la route des marais aussi, c’est l’été.

Trajet de Nantes à Paris en covoiturage, avec des co-équipiers peu bavards mais sympas. La route file. Soirée parisienne avec Julie, que ne reverrai sans doute pas avant plusieurs mois. Fin de soirée dans le petit havre de paix de la rue Linée. Je passe la matinée du lendemain à Paris, principalement à éplucher le Routard Roumanie en long, en large et en travers. Je commence surtout à m’impatienter. Vite, que le véritable voyage commence !

 

L’avion décolle à l’heure. Mes voisins, comme peut-être bien le tiers des passagers, sont des athlètes de l’équipe roumaine de qwan ki do. Ils reviennent chargés de médailles des Championnats du Monde qui se tenaient à Rabat. Si tous les Roumains sont aussi sympathiques que ceux-là, le séjour s’annonce bien.

Je suis toujours fascinée par ces paysages aériens d’océans de coton. Mais cette fois, le survol des Alpes est particulièrement unique, avec ces sommets enneigés qui déchirent les nuages. Ou comment oublier un instant la météo estivale de ces derniers temps.

 

Arrivée à Bucarest. Je prends le bus jusqu’à la Piaţa Romană où je dois en changer pour me rendre jusqu’à Sebastian. L’occasion de baragouiner mes premiers mots de roumain, entrecoupés d’espagnol (c’est ce qui sort spontanément) pour combler les vides.

Première expérience de couchsurfing plus que concluante. Avec Oana-Roua, mon hôte, le courant passe et nous bavardons jusqu’à tard. Elle rêve de s’installer à Londres, n’imagine pas son avenir en Roumanie. Se désolle que les Roumains soient aussi peu tournés vers l’extérieur, vers l’étranger. Sans doute le résultat d’années passées avec les frontières fermées, à l’époque de Ceauşescu. Il faut du temps aux mentalités pour évoluer. J’apprends également que le salaire moyen en Roumanie est de l’ordre de 300€ et que le SMIC avoisine les 150€. De quoi faire relativiser sur l’Europe, continent riche…

Noapte bună

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