Lunca Mureşului : semaine 1

Lundi

Virée en vélo dans la forêt vers la zone de protection intégrale de Zădăreni, emplacement du futur circuit d’interprétation. Le chemin est bien boueux après la pluie d’hier, je m’amuse comme une gamine. Paisible forêt. Plus j’y passe du temps et plus j’apprécie cet endroit. C’est une bonne chose, car les premières impressions n’étaient pas des plus positives. Les arbres bruissent d’oiseaux qui semblent ne jamais se taire. Que j’aimerais les reconnaître à l’oreille ! Un martin-pêcheur passe au raz de l’eau.

Retour au centre, il est 18 heures. Plus personne. Enfermée dehors ! C’est malin, et le premier jour évidemment… Je fais le tour des portes du bâtiment. J’ai heureusement le numéro d’Ovidiu sur un bout de papier au fond d’une poche, puisque pour couronner le tout je n’ai pas mon téléphone avec moi. J’en empreinte un à un promeneur (ou comment se faire connaître du quartier en un rien de temps). Appeler Ovidiu, parti pour la semaine, qui appelle Gabi qui revient m’ouvrir. J’ai l’air fine ! Je me confonds en excuses, il me répond le plus simplement du monde « tu peux m’appeler n’importe quand et pour n’importe quoi ». Et de me demander évidemment quels oiseaux j’ai pu observer sur ma route.

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La rivière Mureş et le clocher de Zădăreni

 

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Cigogne blanche

Mardi

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Hameau de l’Insula Mureş III. Ici, on ne s’embête pas avec les noms de rue. Ou au contraire, peut-être est-ce la même histoire qu’à Pecica, petite ville voisine où Roumains et Hongrois, ne parvenant pas à se mettre d’accord, ont fini par numéroter les rues.

En route pour l’observation des pygargues. Traversée du pont en bois qui mène à l’Insula Mureş III. Quelques habitants de ce hameau vivent ici à l’année. Cigogne dans un champ à la sortie du village. Après une petite heure de vélo entre les champs, j’arrive à mon point d’observation. Pas de pygargue ce matin, mais une buse que je soupçonne de nicher dans un grand frêne sur la rive d’en face. Et hérons, aigrettes et hirondelles de rivage.

 

Mercredi

Prospection de nids d’hirondelles de rivage depuis la rive nord, en face de mon poste d’observation de la veille. A travers la forêt, le vélo ne m’est pas d’une grande utilité, le sentier n’a pas été entretenu depuis un bon moment. Je profite donc de mon passage pour le débroussailler. Après quelques péripéties dans les broussailles (le sentier s’arrête net à la sortie de la forêt) j’arrive enfin sur la berge.

Retour au Centre, tout le monde est parti. Mais cette fois, j’ai la clé !

 

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Monastère serbe de Bezdin

Jeudi

Journée complète sur le terrain. Quelques observations intéressantes (busard des roseaux, vanneaux huppés, cigognes, hérons, buses…), mais surtout l’occasion de faire connaissance avec les collègues et de visiter le parc jusqu’à son extrémité ouest. Et pour en ajouter à cette belle journée, le soleil est revenu. Traversée de la Mureş avec le bac de Pecica et route jusqu’à Cenad. Paul, le directeur du parc, est monté sur le toit d’un bâtiment et me nargue pour le panorama dont il profite… jusqu’au moment de redescendre : coincé ! Il faut approcher le pick-up pour lui faire marche-pied. Il prend les choses avec sérénité et amusement. Nous, on s’amuse tout autant ! Did you enjoy my little adventure ? 

En repartant, nous suivons un type rencontré à bord du bac d’Igriş : il a fait creuser un bassin de pêche sportive dans le parc, avec l’autorisation de la direction de l’eau d’Arad… mais sans avoir jamais demandé la permission au parc. Romanian style… Le contexte expliqué par Gabi, le biologiste de l’équipe, m’aide à saisir l’essentiel de la discussion suivante, bien qu’en roumain. Ce gaillard nous invite à boire une bière chez lui, Paul insiste pour lui signaler qu’ils règleront le problème… en restant professionnels.DSCF0016bis

Passage à Pecica. Une légende dit que qui boiera l’eau de la fontaine ne quittera plus jamais Pecica…

Il y a vraiment de beaux endroits dans ce parc, bords de rivière, champs d’iris sauvages, roselières, monastère serbe au milieu de nulle part… une multitude de trésors.

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Roms à Pecica

 

Vendredi

Discussion avec Tom, volontaire américain de Peace Corps. Il me parle de ses projets (architecture), me montre ses plans, et la mini-Mureş en 3D commencée dans la cour. Joli projet, en suspends pour manque de fonds. Il n’y a pas qu’en Afrique…

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Coronelle lisse qui lézarde au soleil (pas peur Maman, c’est une couleuvre !)

Visite du sentier d’interprétation… dont il ne reste que deux panneaux intacts sur dix, les autres ayant été vandalisés.

Sur le trajet à travers la forêt vers Arad, un petit vieux sur le bord de la piste entame la conversation. Je lui baragouine mes trois mots de roumain, il saisit que je ne parle pas la langue. Raison de plus pour continuer la conversation ! Je devine qu’il a passé du temps en Pologne, et que c’est à force d’entendre qu’il a fini par comprendre le polonais. Du coup il me parle, il me parle… pour que je m’habitue et que je finisse par comprendre le roumain. Quelle attention !

 

 

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